Une carrière qui paie, ou une carrière qui plaît?

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse Add comments

Je serais curieuse de connaître votre opinion sur ce point; et je suis certaine que tout étudiant ou professionnel se retrouve un jour confronté aux questions suivantes:

  1. dois-je me faire plaisir ou être raisonnable?
  2. dois-je saisir cette opportunité qui se présente à moi alors que ce n’était pas mon plan de carrière initial?

J’ai mon avis sur ces problématiques délicates (sinon ce billet n’existerait pas), mais ce genre de décision est toujours difficile, en particulier si l’on considère la conjoncture actuelle, nous forçant parfois à “revoir nos ambitions à la baisse“, comme disaient mes profs de marketing l’an dernier. Sur une promotion de 80 élèves, l’on pouvait être certain que 70 switchaient leur cerveau sur “off” dès qu’il était question d’un poste de commercial – par opposition à chef de produit ou chef de publicité. Aujourd’hui, un an plus tard, je serais curieuse de savoir lesquels ont succombé à l’attrait du CDI ou CDD dans un domaine ou un secteur qui ne les intéressait pas à la base.

Qui plaît, qui plaît!

Personnellement, j’ai tendance à suivre mon cœur plutôt que ma raison lorsqu’il s’agit de choix professionnels – ce qui est assez étonnant vu l’importance que j’accorde à celle-ci, et à la sécurité financière. Par deux fois, j’ai dérogé à cette règle: la première, parce que j’avais choisi une filière scientifique sans me poser de questions sur ce que je désirais vraiment faire de ma vie, la seconde, lorsque j’ai accepté un stage pour les opportunité d’embauche et de salaire qu’il apportait, mais dans un secteur qui ne m’intéressait pas. Et les deux fois, j’ai été malheureuse. Maintenant, je le sais: je préfère être heureuse grâce à un travail sous-payé (et là, c’est bien parti pour!) dans un domaine qui me passionne. Bon, si c’est bien payé, c’est toujours mieux, hein.

Si j’ai un seul conseil à donner: pose-toi dix minutes, prends un crayon, un papier et liste ce qui te passionne. Non non, pas ce que tu sais faire mais ce que tu veux faire. J’aime le web, le fromage, les gens, les petites abeilles, les bonsaï même si je n’y connais rien: pas grave, tu listes. Plus tu te poses la question tôt et moins tu risques de changer de carrière à 45 ans parce que tu te rends compte que tu n’as pas vécu tes rêves.

On m’offre un CDI à 50K€ mais c’est en comptabilité financière…

…alors que moi, je voulais devenir apiculteur. Bon là, ça va être difficile de concilier les deux – peut-être que tu pourrais être apiculteur par hobbie, mais ça m’étonnerait que tu aies le temps avec ce nouveau job.

Quant à la question des opportunités à saisir, je pense vraiment qu’elles sont à traiter au cas par cas, en prenant en compte plusieurs facteurs: tout d’abord, est-ce que ce travail m’intéresse, et ensuite seulement, quelles sont les opportunités de carrière qui peuvent suivre. Pense tout de même au long terme… ça fait toujours bizarre, après des études qui n’ont pas forcément impliqué de réflexion de ce type. Il y a ceux qui font prépa, école, stage, CDI et ceux qui rebondissent d’opportunité en opportunité selon les envies du moment. Dans un cas, on ne se demande pas ce que l’on voudrait faire, et dans l’autre, on est trop occupé à papillonner d’un diplôme à l’autre, d’un pays à l’autre, pour se demander ce que l’on veut être dix ou vingt ans plus tard.

Sartre est ton ami

Je suis persuadée que l’on peut rebondir d’opportunité en opportunité tout en faisant les bons choix. Pas de CDI en agence de communication? Accroche-toi. Toujours pas? Choisis un secteur qui te servira de tremplin une fois que les agences recruteront à nouveau: marketing, communication chez l’annonceur, web…

Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec Sartre sur ce coup-là: l’existence précède-t-elle l’essence? Lorsqu’il s’agit de ma carrière, je dis oui. Je me définis par mes actions, et mes choix, dont je suis pleinement responsable. Pas besoin d’une dissertation de 12 pages pour expliquer que quand on veut vraiment quelque chose, on s’en donne les moyens. Je ne me plaisais pas en 1ère S, je suis passée directement en terminale L; et lorsque mon stage ne me plaisait pas, je l’ai interrompu. Je vise un poste qui requerrait l’usage de Photoshop et je n’y connais rien? Bah j’apprends Photoshop. C’est aussi simple que ça. On a toujours le choix.

Quel est votre avis sur la question?

P.S.: merci à Miss M. qui m’a soufflé le thème de ce billet suite à ses réflexions personnelles…

10 Responses to “Une carrière qui paie, ou une carrière qui plaît?”

  1. meuhsli Says:

    Mieux vaut prendre du plaisir en travaillant que de travailler uniquement pour l’argent, c’est beaucoup plus motivant et enrichissant.

  2. Olivier Says:

    Personnellement je ne me lève pas le matin pour gagner de l’argent mais pour exercer un métier que j’aime (tout simplement parce que sinon je n’arrive pas à me lever :-p).
    Mais c’est un luxe …
    Et si en plus il peut bien rapporter… je crois que sauf si on a tout bon (là c’est top) c’est un équilibre à trouver entre avoir de quoi vivre et faire ce que l’on aime.

  3. SalaGirl Says:

    Qui plait +1, mais mon avis est biaisé…
    Et puis j’ai et n’aurai a peu près aucune expérience sur les problèmes d’emploi ms jme demande : est ce sage de refuser un bon poste parce que c’est pas le choix du coeur, au risque de chomager pendant un certain temps? Je précise bien que je demande ca n’ayant aucun connaissance des possibilités et debouchés que y’a ds ton domaine hein!

  4. Eowenn Says:

    Je suis d’accord pour tenter l’équilibre bien sûr, ce qui n’est pas toujours évident!

  5. Eowenn Says:

    SalaGirl: c’est sûr que toi, tu n’as pas ce souci :) c’est vrai que concernant le chômage, on ne peut pas forcément se le permettre le temps de trouver quelque chose qui nous plaît vraiment – dans ce cas bien sûr, prendre un travail – mais l’essentiel étant de ne pas moisir dedans et être malheureux parce que ça ne nous plaît pas… Après, certaines personnes ont une faculté d’adaptation plus développée que d’autres!

  6. Robin Azéma Says:

    Ouaw je découvre à l’instant ce blog mais je pense que je vais y revenir, super article, qui résume dans l’ensemble assez bien le fond de ma pensée, surtout la fin et le passage sur Sartre et Photoshop!

    Je crois que je vais faire un trackback sur cet article et, avec votre permission, Ô grande dame, je vais réutiliser le même titre.

  7. Eowenn Says:

    Merci Robin pour tes impressions :) je te prête mon titre avec plaisir pour ton trackback!

  8. Helran Says:

    Une carrière plait ! Les deux serait un must c’est sure. Mais je pense qu’il vaut mieux une carrière qui plait plutôt que de dépérire et être las d’un job qui paye bien.
    Mais bon après ça dépends de la situation, de la personnalité… beaucoup révérais de se lancer mais n’ose pas par peur de tout perdre, se retrouver “à la rue” et donc finissent par tenter d’aimer leur job payant. D’un autre côté, n’ont-ils peut être pas totalement tord ?

    Dans mon cas, je suis plutôt du genre à sauter sur les opportunités, j’ai pas envie de dépérir dans un job qui ne me plait pas. D’ailleurs j’ai du mal à tenir plus d’un mois un job dans lequel je ne suis pas épanouie.

  9. Robin Azéma Says:

    Je crois pas que le trackback marche, je te mets donc le lien : http://robin.azema.free.fr/index.php/2010/01/26/une-carriere-qui-paie-ou-une-carriere-qui-plait/

  10. Eowenn Says:

    Merci beaucoup Robin! effectivement je n’avais même pas vu ton article…

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