Cher Toi, qui attendais ce billet avec impatience (ou pas), je vais enfin te dire pourquoi, sous ma chevelure d’ébène (euhhh) se cache parfois une cervelle de blonde – et bien cachée, de surcroît. J’en profite pour accorder une petite pensée à cette vraie blonde qui s’est fait licencier pour avoir tenu une chronique sympathique sur sa vie au quotidien, dont son travail – ah non, attendez, c’était pour avoir photographié Winnie l’Ourson et amené un portable rose sur son lieu de travail. On pense fort à elle en tout cas.
Donc. Je peux te pondre un mémoire de marketing en anglais, je peux te faire une note d’actu sur le capital-risque, le leverage buyout et produits dérivés (et avec le sourire hein), et je te termine un Flaubert (a.k.a. DIEU) en quelques jours. Mais demande-moi de relier une brochure et mon quotient non-intellectuel se révèle dans toute sa splendeur.
20 brochures à imprimer en A5 et relier. En début de semaine, j’ai rendu un travail en retard et m’en mords secrètement (et encore maintenant) les doigts depuis – je veux me rattraper, il en va de… plein de facteurs. Un bon travail de stagiaire comme j’ai eu la chance de ne pas en faire souvent ces six derniers mois – c’est le souci de faire un stage intéressant – et justement, je réalise que cette donne fait partie du problème.
- Comment diable vais-je imprimer ce truc en A5?
- Comment diable vais-je donc couper ces feuilles en deux de manière régulière?
- Où diable vais-je trouver de quoi relier un truc en A5?
- Sa mère, 20 exemplaires, ça fait beaucoup.
Soucieuse d’apprentissage et de perfection, je m’y prends (très) à l’avance : avant même de recevoir le document, je vérifie comment imprimer un PDF à raison de deux pages par feuille – bon alors, là ça ne va pas, elles sont horizontales – non, là c’est la mauvaise taille – han, « livret » attends ça va le faire – ah ben non, c’est recto-verso, saleté.
Puis je me renseigne un minimum – quelqu’un me dit d’utiliser un massicot (what the hell is that ?) ; et durant l’heure qui va suivre je vais croire qu’il s’agit d’un engin magique destiné à relier – mais non, en fait, ça sert à couper des blocs de feuilles de manière régulière. Ô joie, je n’aurai pas à faire usage d’une règle et d’un cutter sur 160 pages. Et puis, vais-je relier à la fameuse thermocolleuse (cette invention formidable) ou, soyons fous, utiliser des spirales ?
Et là, c’est le drame : ni pour l’une, ni pour les autres, ne disposons-nous de couvertures plastiques, de spirales, d’outils A5 (que je sache, mais en fait, si). Pire : je ne sais pas où se trouve le fameux massicot, et je n’en ai jamais utilisé. Pire : je ne sais pas utiliser la machine-à-perforer-puis-mettre-des-spirales.
Je me sens comme une brioche. Brune outside, blonde inside. Fait qui se confirmera dans les deux heures et demie suivant ce constat intérieur: le temps qu’il m’aura fallu pour terminer cette tâche.
Suite au prochain numéro.
PS : j’ai dû Googler « massicot » pour être sûre de l’orthographe. J’avais au moins ça de bon, mais ça n’aide pas à s’en servir. Vous verrez.

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