Je suis jalouse des blogueurs anonymes (ou presque)

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 6 Comments »

C’est Jane, qui m’a inspiré ces réflexions et ce billet : j’ai parcouru son blog hier soir et sur le coup, je me suis dit « encore le blog d’une veinarde qui se lâche en un festival de billet cathartiques, vengeurs, ou encore dégoulinants de niaiserie ». Genre celui de Mlle Jones (exploratrice pour nous toutes), ou Marion (grand classique).

Je suis méga jalouse.

Parce que bon, certes, je vous lâche une connerie de temps en temps, ou un billet ultra WTF, sous couvert de second degré romancé, de détails véridiques et d’autres inventés, de délires de mon ça et mon surmoi qui s’en donnent à cœur joie. Un peu genre Octave (presque anonyme, mais assez pour se lâcher plus que moi sur ses billets. Donc en fait non, pas comme lui. Damned, que je suis jalouse).

Mais seulement, j’ai décidé dès le départ de mettre tous mes œufs dans la même Toile : écriture, liens sociaux vers Twitter et Cie, et même mon CV. Non, je ne peux pas l’enlever de là, même s’il n’était pas trop tard, car il est dans le top 3 des pages les plus visitées de mon blog. Eh merde Chouette, en même temps. Tu vas me dire « bah ouvre un autre blog anonyme ou pro si ça ne te convient pas», j’y reviendrai plus bas, et c’est intéressant, alors lis tout hein.

Parfois, j’adorerais tout de même vous faire partager à quel point ma vie, comme celle de Jane, est un soap (sauf que moi, c’est un shōjo , parce que j’ai été otaku dans une autre vie), parce qu’il y a du matos. Je rêve de fabriquer des nicknames rigolos à mes ex/présents/futurs, genre :

  • Le psychopathe (on en a toutes un caché quelque part)
  • Lâches professionnels I & II (idem)
  • L’ex homme de ma vie
  • RPCM (Rebound Plan Cul Mutuel)
  • L’homme à point nommé
  • Le salaud irrésistible

(Au hasard, hein) (Toute ressemblance avec des personnages réels est purement fortuite) (ou pas)

Je rêve de vous raconter mes épisodes de niaiseries à paillettes, mais je ne peux qu’y faire de pâles allusions ou les déguiser sous couvert de rêveries noyées dans un océan d’imagination qui je l’espère, ne se tarira pas (sinon je vais devoir raconter ma vie telle quelle et ça ne va pas le faire).

J’aimerais aussi me lâcher en diatribes critiques, tant sur des journées de travail difficile (comme cette demoiselle, mon héroïne) que sur tel ou tel blogueur insupportable. Mais je ne peux pas.

Yatuu.fr, cette bible pour tous les stagiaires en Com'

[Scénario parallèle : deux mois plus tard, Eowenn est community manageuse dans une grande agence parisienne : ]

” Allo ? Salut Untel, je peux pas te blairer, je t’ai traité de connard prétentieux dans mon blog en juin dernier et l’article a été retweeté 267 fois – car ton nom était dedans – mais je t’invite à un évènement blogueurs pour la marque Bidule.

- [beeep -beeep -beeep]“

Et là, je n’aurai plus qu’à lancer le site Bonjour Chômage (“Tous les jours, une nouvelle connerie pour laquelle je reste au chômage”, truc du style).

D’ailleurs, j’peux même pas passer dans Bonjour Madame (même si j’avais 20 cm et deux tailles de bonnet en plus et un sac sur la tête, laissez-moi rêver), mais bon, je peux toujours envoyer mon félin à Bonjour Le Chat, c’est une consolation.

(Ça, c’est mini-Eowenn quand elle a appris la nouvelle. Elle aussi aurait préféré rester anonyme. Je l’ai payé cher le soir même.)

Bon, je me plains, mais la question est là : pourquoi ne fais-je rien pour changer tout cela. Réponse : parce que quand tu ne choisis ni un extrême, ni l’autre, tu es sur un marché de niche – et là est le vrai challenge. Toute personne jonglant entre un blog mêlant billets pro et perso, un compte Twitter public à son nom (voire avec le nom de sa boîte en bio) et autres bêtises (Formspring, par exemple) sait à quel point il est difficile de situer la limite entre l’attitude pro (mais sans être barbant) et familière (mais sans perdre de crédibilité). Tiens, ça me fait penser à un article Slate.fr d’il y a quelques jours sur Twitter, la vie publique et la vie privée.

Eh bah mec, ça, c’est un entraînement à la gestion de l’e-réputation. Et certes, il reste l’occasionnel coup de fil paniqué de  la famille après un billet un peu trop enclin à suggérer que je suis au bord de la pendaison (mais t’inquiète mamie c’est du second degréééé) (P.S. si tu me lis: bisous), ou me poser des milliards de questions stressantes genre :

  • Et si ce billet/tweet ruinait le semblant de réputation que j’ai réussi à me construire jusqu’ici (une question que je me pose en ce moment même, bien entendu)? Que vont penser mes futurs employeurs ? que va penser ma famille qui lit tout ça ? que vont penser mes amis ?
  • Quelle est la limite ? Suis-je allée trop loin ? Que puis-je me permettre ?
  • *pouic* (neurone qui explose)

…mais au final, je l’aime bien ce petit blog, et je n’ai pas envie de le tromper avec un blog plus jeune, plus libéré, et qui ferait des choses que ce blog se refuse à faire depuis qu’on est ensemble. Au fond, on a le droit d’avoir des fantasmes, on a le droit de se poser des questions, mais quand on aime, on reste fidèle.

Une carrière qui paie, ou une carrière qui plaît?

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Je serais curieuse de connaître votre opinion sur ce point; et je suis certaine que tout étudiant ou professionnel se retrouve un jour confronté aux questions suivantes:

  1. dois-je me faire plaisir ou être raisonnable?
  2. dois-je saisir cette opportunité qui se présente à moi alors que ce n’était pas mon plan de carrière initial?

J’ai mon avis sur ces problématiques délicates (sinon ce billet n’existerait pas), mais ce genre de décision est toujours difficile, en particulier si l’on considère la conjoncture actuelle, nous forçant parfois à “revoir nos ambitions à la baisse“, comme disaient mes profs de marketing l’an dernier. Sur une promotion de 80 élèves, l’on pouvait être certain que 70 switchaient leur cerveau sur “off” dès qu’il était question d’un poste de commercial – par opposition à chef de produit ou chef de publicité. Aujourd’hui, un an plus tard, je serais curieuse de savoir lesquels ont succombé à l’attrait du CDI ou CDD dans un domaine ou un secteur qui ne les intéressait pas à la base.

Qui plaît, qui plaît!

Personnellement, j’ai tendance à suivre mon cœur plutôt que ma raison lorsqu’il s’agit de choix professionnels – ce qui est assez étonnant vu l’importance que j’accorde à celle-ci, et à la sécurité financière. Par deux fois, j’ai dérogé à cette règle: la première, parce que j’avais choisi une filière scientifique sans me poser de questions sur ce que je désirais vraiment faire de ma vie, la seconde, lorsque j’ai accepté un stage pour les opportunité d’embauche et de salaire qu’il apportait, mais dans un secteur qui ne m’intéressait pas. Et les deux fois, j’ai été malheureuse. Maintenant, je le sais: je préfère être heureuse grâce à un travail sous-payé (et là, c’est bien parti pour!) dans un domaine qui me passionne. Bon, si c’est bien payé, c’est toujours mieux, hein.

Si j’ai un seul conseil à donner: pose-toi dix minutes, prends un crayon, un papier et liste ce qui te passionne. Non non, pas ce que tu sais faire mais ce que tu veux faire. J’aime le web, le fromage, les gens, les petites abeilles, les bonsaï même si je n’y connais rien: pas grave, tu listes. Plus tu te poses la question tôt et moins tu risques de changer de carrière à 45 ans parce que tu te rends compte que tu n’as pas vécu tes rêves.

On m’offre un CDI à 50K€ mais c’est en comptabilité financière…

…alors que moi, je voulais devenir apiculteur. Bon là, ça va être difficile de concilier les deux – peut-être que tu pourrais être apiculteur par hobbie, mais ça m’étonnerait que tu aies le temps avec ce nouveau job.

Quant à la question des opportunités à saisir, je pense vraiment qu’elles sont à traiter au cas par cas, en prenant en compte plusieurs facteurs: tout d’abord, est-ce que ce travail m’intéresse, et ensuite seulement, quelles sont les opportunités de carrière qui peuvent suivre. Pense tout de même au long terme… ça fait toujours bizarre, après des études qui n’ont pas forcément impliqué de réflexion de ce type. Il y a ceux qui font prépa, école, stage, CDI et ceux qui rebondissent d’opportunité en opportunité selon les envies du moment. Dans un cas, on ne se demande pas ce que l’on voudrait faire, et dans l’autre, on est trop occupé à papillonner d’un diplôme à l’autre, d’un pays à l’autre, pour se demander ce que l’on veut être dix ou vingt ans plus tard.

Sartre est ton ami

Je suis persuadée que l’on peut rebondir d’opportunité en opportunité tout en faisant les bons choix. Pas de CDI en agence de communication? Accroche-toi. Toujours pas? Choisis un secteur qui te servira de tremplin une fois que les agences recruteront à nouveau: marketing, communication chez l’annonceur, web…

Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec Sartre sur ce coup-là: l’existence précède-t-elle l’essence? Lorsqu’il s’agit de ma carrière, je dis oui. Je me définis par mes actions, et mes choix, dont je suis pleinement responsable. Pas besoin d’une dissertation de 12 pages pour expliquer que quand on veut vraiment quelque chose, on s’en donne les moyens. Je ne me plaisais pas en 1ère S, je suis passée directement en terminale L; et lorsque mon stage ne me plaisait pas, je l’ai interrompu. Je vise un poste qui requerrait l’usage de Photoshop et je n’y connais rien? Bah j’apprends Photoshop. C’est aussi simple que ça. On a toujours le choix.

Quel est votre avis sur la question?

P.S.: merci à Miss M. qui m’a soufflé le thème de ce billet suite à ses réflexions personnelles…

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