Fidèle à lui-même, Roland Emmerich (Independence Day, Godzilla, Le jour d’après) nous livre un film-catastrophe, à l’américaine certes, mais assez sympa. Carte UGC en main, j’ai profité de la première séance ce matin, et honnêtement, je n’ai pas vu le temps passer (“Il durait combien de temps, ce film? – 2h40 – hein???“). Ci-dessous, mes humbles impressions de spectateur lambda.
*** Attention spoilers: des éléments de l’intrigue sont révélés ***
En surface
Scénario: des éruptions solaires particulièrement violentes se font remarquer en 2009, déséquilibrant les taux de euh,
neutrinos, qui entraînent une réaction physique, et ça, c’est pas normal (…? Je ne complexerai pas, car comme dirait Wikipedia, “Un peu de
physique quantique est nécessaire pour comprendre ce problème”).
Bon, bref, s’ensuivent tous les éléments du film-catastrophe (américain) typique:
- Suivi des péripéties de plusieurs protagonistes sympathiques (dont: le héros casse-cou, l’ex-femme et les enfants, le scientifique au discours enflammé, le président – des Etats-Unis – responsable et grave…) et antipathiques (la grosse méchante armée chinoise, le politicien arriviste…)
- Suspense haletant: l’intégralité du film enchaîne les courses-poursuites (le poursuivant étant un tremblement de terre, un tsunami, une éruption volcanique, encore un tsunami, etc.) dans des véhicules de plus en plus gros (des jambes, une limousine, un camping-car, un avion, un très gros avion…une Bentley…);
- Beaux et belles gosses: à noter en particulier, Sacha le savoureux pilote russe (personnellement, mon préféré).
Pourquoi ce film fait-il peur?
Premièrement, parce qu’il commence en 2009. Donc aujourd’hui (voire hier)!
Deuxièmement, parce qu’il fait référence à de vrais personnages et des situations réelles. Je m’explique: dans la plupart des films catastrophe, le président américain est un illustre inconnu avec une tête de président et l’air grave (comme il se doit), qui pourrait être un futur président, ou celui d’une dimension parallèle. Ici, l’acteur choisi (Danny Glover), bien que ne lui ressemblant pas vraiment, fait clairement référence à Obama, tout comme la chancelière allemande pourrait être Angela Merkel. Ce gouverneur de Californie s’exprimant à la télévision parle comme ce bon vieux Schwarzenegger, lui ressemble furieusement – et l’on apprend que c’est un acteur. Et, bien sûr, sont mentionnés les Jeux Olympiques de 2012. C’est en voyant ces personnages – déjà en fonction – que l’on se rend compte que 2012, c’est maintenant. Nos problématiques actuelles de réchauffement climatique et autres soucis environnementaux ne jouent pas un rôle anodin dans l’impact émotionnel provoqué par ce film.
Pourquoi ce film fait-il réfléchir?
Une des accroches de 2012 était Who will be left behind?, et une des questions cruciales évoquées est celle de la légitimité à faire partie des survivants. Si le nombre de places était limité, comment choisir? Bernard Werber a abordé le sujet dans un livre récent, Le papillon des étoiles (que je n’ai pas vraiment apprécié mais là n’est pas la question), où un immense vaisseau spatial est construit et 144 000 personnes choisies pour y résider et quitter la Terre. Le contexte y est légèrement différent puisqu’aucune catastrophe n’y est imminente mais la sélection est effectuée selon des critères génétiques et psychologiques (les plus aptes à survivre, les moins susceptibles de s’adonner à un comportement violent, etc.).
Seulement, dans 2012, les protagonistes savent que la fin du monde tel qu’ils le connaissent est imminente et que le nombre de places est limité. Les places sont initialement réservées d’une part aux politiciens et leurs familles, d’autre part à ceux qui peuvent se permettre de payer 1 milliard d’euros la place, dont certains sont dépeints comme foncièrement égoïstes. Mais en réalité, comment réagirions-nous si nous étions dans cette situation? Cela vaut le coup de s’y pencher. En outre, l’argent est utilisé pour construire les véhicules qui sauveront une partie de l’humanité – une fois de plus, il est difficile de trancher. Sans cet argent, aurait-il été possible de sauver quiconque? Je me demande cela dit si c’est vraiment nécessaire; sachant que l’humanité est en jeu, les gouvernements peuvent certainement se permettre cette dépense en commun sans avoir recours à cette solution de vente des tickets (très critiquée par notre scientifique idéaliste, et vraiment injuste, il est vrai).
D’autre part, il est souvent question de la non-prédictabilité des événements (deux personnages ont même un échange assez tendu au début du film sur le rôle de la chance dans les deux à trois jours qu’il leur reste à vivre). On se rend compte que 1. 2012 est beaucoup plus tôt que la date prévu par les scientifiques et 2. beaucoup de facteurs entrent en jeu, dont les émotions humaines, chamboulant les certitudes sur qui survivra ou non (qu’il ait acheté sa place ou non).
Je finirai en disant qu’il y a finalement nombre de messages intéressants dans 2012; dont ceux-ci, qui paraissent extrêmement évidents au final (mais ça fait toujours du bien de le savoir):
- L’humanité n’est pas composée d’égoïstes sordides qui marchent sur les autres dès qu’il est question de survie;
- La valeur d’un homme n’est pas mesurable à sa position dans la société ou l’argent qu’il possède, tout comme ses chances de survie (un homme politique influent peut se sacrifier pour donner sa place à une personne de plus, un homme riche ayant acheté sa place peut ne pas survivre et inversement, etc.);
- Enfin, il y a beaucoup d’espoir; notamment dans les dernières images que j’ai beaucoup aimées, et que je vous laisse découvrir.
Ici, le site officiel pour la France, et
ici, pour les Etats-Unis.
n.b.: j’ai trouvé ce
site, un peu radical mais très intéressant, qui dément point par point la théorie selon laquelle l’apocalypse nous attendrait en 2012.
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