Je suis jalouse des blogueurs anonymes (ou presque)

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C’est Jane, qui m’a inspiré ces réflexions et ce billet : j’ai parcouru son blog hier soir et sur le coup, je me suis dit « encore le blog d’une veinarde qui se lâche en un festival de billet cathartiques, vengeurs, ou encore dégoulinants de niaiserie ». Genre celui de Mlle Jones (exploratrice pour nous toutes), ou Marion (grand classique).

Je suis méga jalouse.

Parce que bon, certes, je vous lâche une connerie de temps en temps, ou un billet ultra WTF, sous couvert de second degré romancé, de détails véridiques et d’autres inventés, de délires de mon ça et mon surmoi qui s’en donnent à cœur joie. Un peu genre Octave (presque anonyme, mais assez pour se lâcher plus que moi sur ses billets. Donc en fait non, pas comme lui. Damned, que je suis jalouse).

Mais seulement, j’ai décidé dès le départ de mettre tous mes œufs dans la même Toile : écriture, liens sociaux vers Twitter et Cie, et même mon CV. Non, je ne peux pas l’enlever de là, même s’il n’était pas trop tard, car il est dans le top 3 des pages les plus visitées de mon blog. Eh merde Chouette, en même temps. Tu vas me dire « bah ouvre un autre blog anonyme ou pro si ça ne te convient pas», j’y reviendrai plus bas, et c’est intéressant, alors lis tout hein.

Parfois, j’adorerais tout de même vous faire partager à quel point ma vie, comme celle de Jane, est un soap (sauf que moi, c’est un shōjo , parce que j’ai été otaku dans une autre vie), parce qu’il y a du matos. Je rêve de fabriquer des nicknames rigolos à mes ex/présents/futurs, genre :

  • Le psychopathe (on en a toutes un caché quelque part)
  • Lâches professionnels I & II (idem)
  • L’ex homme de ma vie
  • RPCM (Rebound Plan Cul Mutuel)
  • L’homme à point nommé
  • Le salaud irrésistible

(Au hasard, hein) (Toute ressemblance avec des personnages réels est purement fortuite) (ou pas)

Je rêve de vous raconter mes épisodes de niaiseries à paillettes, mais je ne peux qu’y faire de pâles allusions ou les déguiser sous couvert de rêveries noyées dans un océan d’imagination qui je l’espère, ne se tarira pas (sinon je vais devoir raconter ma vie telle quelle et ça ne va pas le faire).

J’aimerais aussi me lâcher en diatribes critiques, tant sur des journées de travail difficile (comme cette demoiselle, mon héroïne) que sur tel ou tel blogueur insupportable. Mais je ne peux pas.

Yatuu.fr, cette bible pour tous les stagiaires en Com'

[Scénario parallèle : deux mois plus tard, Eowenn est community manageuse dans une grande agence parisienne : ]

” Allo ? Salut Untel, je peux pas te blairer, je t’ai traité de connard prétentieux dans mon blog en juin dernier et l’article a été retweeté 267 fois – car ton nom était dedans – mais je t’invite à un évènement blogueurs pour la marque Bidule.

- [beeep -beeep -beeep]“

Et là, je n’aurai plus qu’à lancer le site Bonjour Chômage (“Tous les jours, une nouvelle connerie pour laquelle je reste au chômage”, truc du style).

D’ailleurs, j’peux même pas passer dans Bonjour Madame (même si j’avais 20 cm et deux tailles de bonnet en plus et un sac sur la tête, laissez-moi rêver), mais bon, je peux toujours envoyer mon félin à Bonjour Le Chat, c’est une consolation.

(Ça, c’est mini-Eowenn quand elle a appris la nouvelle. Elle aussi aurait préféré rester anonyme. Je l’ai payé cher le soir même.)

Bon, je me plains, mais la question est là : pourquoi ne fais-je rien pour changer tout cela. Réponse : parce que quand tu ne choisis ni un extrême, ni l’autre, tu es sur un marché de niche – et là est le vrai challenge. Toute personne jonglant entre un blog mêlant billets pro et perso, un compte Twitter public à son nom (voire avec le nom de sa boîte en bio) et autres bêtises (Formspring, par exemple) sait à quel point il est difficile de situer la limite entre l’attitude pro (mais sans être barbant) et familière (mais sans perdre de crédibilité). Tiens, ça me fait penser à un article Slate.fr d’il y a quelques jours sur Twitter, la vie publique et la vie privée.

Eh bah mec, ça, c’est un entraînement à la gestion de l’e-réputation. Et certes, il reste l’occasionnel coup de fil paniqué de  la famille après un billet un peu trop enclin à suggérer que je suis au bord de la pendaison (mais t’inquiète mamie c’est du second degréééé) (P.S. si tu me lis: bisous), ou me poser des milliards de questions stressantes genre :

  • Et si ce billet/tweet ruinait le semblant de réputation que j’ai réussi à me construire jusqu’ici (une question que je me pose en ce moment même, bien entendu)? Que vont penser mes futurs employeurs ? que va penser ma famille qui lit tout ça ? que vont penser mes amis ?
  • Quelle est la limite ? Suis-je allée trop loin ? Que puis-je me permettre ?
  • *pouic* (neurone qui explose)

…mais au final, je l’aime bien ce petit blog, et je n’ai pas envie de le tromper avec un blog plus jeune, plus libéré, et qui ferait des choses que ce blog se refuse à faire depuis qu’on est ensemble. Au fond, on a le droit d’avoir des fantasmes, on a le droit de se poser des questions, mais quand on aime, on reste fidèle.

La séduction est une partie d’échecs

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Je ne sais plus rien.

J’ai eu la chance de connaître le vrai coup de foudre – cet ouragan de sentiments qui vous transporte en une parole, un regard, un contact. Cette énergie qui vous pousse à l’embrasser sur la joue au moment opportun et qu’il sache que c’était bien plus ; c’était une folie, un rêve, un instant perdu. Je savais que c’était lui que je voulais et aucun autre ; que lui seul m’offrirait un nouveau départ ; et lui savait qu’il me choisirait. La distance, le regard des autres, nos différences : tout cela était sans importance, car nous nous étions aimés dès le début, sans conditions. Et en un sens, tout était facile.

Pourquoi l’as-tu quitté alors, me demanderez-vous fort justement, et je ne répondrai qu’en citant ces quelques lignes qui me font pleurer chaque fois que je regarde ce passage de Kill Bill :

Beatrix : I don’t know.

Beatrix : Because I’m…

Beatrix : …a bad person.

Bill : No.

Bill : You’re not a bad person.

Bill : You’re a terrific person.

Bill : You’re my favorite person.

Bill : But every once in a while…

Bill : …you can be a real cunt.

Donc. L’un des problèmes – et avantages – à cocooner confortablement dans une relation de trois ans est l’oubli d’un fait capital : dehors, c’est la jungle. Vous comprenez, lorsque tout est facile, naturel ; lorsque l’on se comprend sans se parler et que l’on connaît les attentes de l’autre sans même y penser, on s’y habitue.

Je savais que ce retour à la jungle après des années de comportement civilisé serait ardu. En réalité, c’est moins difficile que prévu. Je me fonds dans le paysage. Le seul problème, c’est que sa complexité me surprend de jour en jour. Tout n’est que séduction, jeux, non-dits, trop-dits. J’ai tellement changé, en trois ans. Je me cherche dans ce nouvel environnement ; c’est un véritable amusement dont les enjeux sont multiples (liberté, valeurs morales, sentiments, intégrité, réputation, etc.).

Pardonnez-moi donc mes indécisions, mes comportements, mes sourires, mes regards, mes écrits. Je veux tout et son contraire ; je ne sais pas qui, ni quoi; je me détourne de la facilité et ne désire réellement que ce qui me résiste. Je me nourris de ce challenge, je me languis, je m’amuse, je me freine, je teste nos limites. J’avance mes pions ; je protège ma reine. Je vous laisserai peut-être me voler quelques pièces, mais tout ne sera que stratégie, car en fin de compte, je gagnerai.

Laissez-moi juste le temps de tout réapprendre, et je serai à vous ; sans jeux, ni artifices.

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