Il y a quelques jours, j’ai déjà brisé une de mes mauvaises résolutions. “N° 9: Être rancunière [...]“.
Avouez-le: la rancune, ça fait du bien. Tous ceux qui se sont fait marcher dessus sans broncher lors d’une adolescence catastrophique (90% d’entre nous, donc) connaissent la valeur d’une rancune tenace. Ça s’apprend, ça se nourrit, puis ça s’installe, comme un réflexe. “Tu me blesses, je te blesse en retour”: le sentiment de vengeance, mais sans forcément de passage à l’acte. La rancune s’insinue peu à peu dans nos veines et empoisonne nos pensées, parfois jusqu’à l’obsession.
On s’en sustente comme d’un stimulant, et elle nous donne la gnaque, la hargne, l’énergie nécessaire à nos besoins. Que ce besoin soit un travail acharné de catégorie “je vais leur montrer de quoi je suis capable” ou la colère destinée à nous éloigner de la personne qui nous a blessés. Mieux encore, elle nous donne l’illusion de détenir un pouvoir sur l’autre, de lui faire mal, même si celui-ci n’est pas forcément au courant (ou s’en fiche complètement!).
Le véritable problème est que la rancune blesse surtout la personne qui la ressent. Un proverbe africain dit: “le cœur amer mange son maître“. Il est bien dit que la rancune ronge. Elle détruit. Toute colère non exprimée finit par se retourner contre celui qui la nourrit.
Il y a quelques jours, je me suis rendu compte que j’avais pardonné quelqu’un. Je ne l’ai pas fait consciemment: c’est juste arrivé. Et d’un coup, un poids s’est levé dans mon coeur, et un sentiment de guérison, une euphorie, un véritable soulagement a fait place à des semaines, des mois de torture mentale. J’ai littéralement plané, mais sans me cramer de neurones.
Cette année, je m’autoriserai à être rancunière (parce que j’aime ronger mon os, quelque soit le degré d’auto-nuisance provoqué), mais je m’autoriserai également à pardonner. Encore plus efficace qu’un comprimé de Lexomil.
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