Gush: They Really Got Style

J'aime, j'aime pas, Journal d'une Rêveuse 4 Comments »

Il existe de ces gens dont tu suis vaguement la carrière; juste de temps à autre, comme ça, de loin, parce que tu sais qu’un jour ou l’autre, ça va décoller – et faire des étoiles. Quelques notes de Dire Straits dans le sous-sol des parents, des accords de batterie, et déjà des paroles plein la tête: c’était il y a plus de dix ans, et à l’époque je me disais que Xavier et Vincent iraient loin. Aujourd’hui, accompagnés de leurs cousins Yan et Mathieu, ils font des étincelles, sous le nom de Gush. Je les vois peu à peu prendre leur place dans le paysage musical et suis bluffée par leur évolution.

Depuis Rock en Seine, il y a à peine quelques mois, c’est l’escalade: single, concerts en série, et premier album Everybody’s God sorti le 15 février dernier… Le succès leur vient naturellement, grâce à un sympathique mélange de pop rock, folk; des accords inspirés de leurs idoles: les Beatles ou Crosby, Stills, Nash & Young, etc., qui leur ont transmis un sens fabuleux des harmonies vocales. A capella ou avec accompagnement, c’est à l’unisson que les Gush t’envoûtent le plus.

Personnellement, quand je n’ai pas le moral, une bon, deux quelques petites chansons et hop, ça repart (comme Mars, en moins calorique: pratique).

Ils ont un Facebook, un MySpace, et même un Twitter, alors pas d’excuses: on y fait un tour, on essaie (et on adopte). Mais comme je pense à tout le monde et même aux feignasses comme moi gens occupés, j’ajoute ci-dessous un petit clip qui séduira les plus sceptiques:

Eh ouais, je vous avais prévenus.

Débat: l’iPad représente-t-il la mort de l’Œuvre?

Geekeries, Trucs utiles, Veille et analyse 8 Comments »

“Aimer le concept iPad est-il une trahison ou un déni de la sacro-sainteté du livre? Je me sens un peu coupable”: telle était une de mes premières réactions, hier sur Facebook, après avoir visionné le keynote de Steve Jobs sur le très attendu iPad. Cette réflexion allait déclencher un débat par commentaires, de ceux que l’on ne peut caser dans les 140 caractères de Twitter, d’où mon intérêt: ces réflexions étaient bien plus profondes et argumentées que la typique réaction manichéenne à constatée sur la twittosphère depuis la présentation de l’iPad.

“Personne ne s’est posé la question en passant du CD au mp3″

Corentin, compositeur, instrumentiste interprète et ingénieur du son, remarque la portée réductrice de mes propos: et la musique, dans tout cela? Pour lui, l’enjeu en était au moins aussi énorme, pourtant personne ne s’est posé la question. De mon côté, je pense que la raison n’en est pas l’indifférence, mais plutôt une transition moins violente: l’on est passé graduellement d’un support à l’autre (instrument, vinyle, CD, MP3), alors que les livres ont toujours été, à peu de choses près, ce qu’ils sont.

J’ai peine à m’exprimer sur ce point, mais Fabien reprend mes propos au vol, et exprime ma pensée: “Le livre a un passif culturel tellement plus “lourd” que le cd ou le dvd par exemple… Dur de comparer des siecles d’histoires avec un support ayant une dizaine d’annees et n’ayant marque qu’une generation”. Plus loin, il continue: “Le livre, et par extension le support papier, l’ecrit, c’est un moyen de communication primitif, c’est la bible, c’est ton livre scolaire, c’est l’outil de connaissance de l’humanite le plus vaste… bref, faut pas foutre en l’air le livre. Donc par exemple je vois d’un moins bon oeil la gestion des contenus unilaterale d’Apple sur les livres que sur la musique”, déclare-t-il, tout en avouant qu’il force le trait pour plus de compréhension, et pour tenter d’expliquer cette “culpabilité” que nous ressentons tous deux à l’idée de dématérialiser un livre.

Tout en reconnaissant que cette logique est juste, Corentin s’interroge: “je me demande simplement pourquoi ce serait plus grave avec le livre qu’avec le disque ou le cinéma puisqu’il s’agit intrinsèquement de la même chose”. Même si pour moi, numériser un livre ou un CD ne revient pas au même, je ne peux qu’être d’accord avec lui sur ce point: finalement, on en arrive à un risque de dématérialisation de l’oeuvre, voire de la quintessence de la culture.

“La dématérialisation de l’œuvre mène à son exploitation consumériste.”

Effectivement, pour lui, “il faut juste se poser rapidement la question du sens (un support d’œuvre d’art n’est jamais innocent, il porte un sens et détermine une fonction). Ni trahison ni reniement donc, si la réflexion suit, et vite”. Numérisation donc, oui, mais si l’on est conscient de la portée de nos choix: “Le danger n°1 étant que l’on se mette à “consommer” des livres, comme on consomme désormais la musique ou l’image”.

Est-ce là finalement la question importante? Le support n’important que peu, le réel débat ne porte-t-il pas finalement sur le risque de perdre ce qui fait la nature intrinsèque de la culture: l’émotion, l’expérience, l’exploitation de nos cinq sens? J’ai noté que lors de la présentation de l’iPad, quelques minutes étaient accordées au visionnage de tableaux sur ce support. L’oeuvre d’art, le tableau de maître n’appartient-il pas au musée, ne fait-il pas partie d’un tout, une expérience sensuelle incluant le silence feutré de l’établissement, son odeur particulière, et non une simple image de bonne qualité sur un écran neuf pouces? “On a 80 Go de mp3s que l’on consomme, sans Connaître l’œuvre, sans la Vivre, passivement. Donc l’œuvre s’extrait de sa fonction première, celle de participer d’un processus d’emancipation. Elle meurt, remplacée par des produits faciles à consommer”, affirme Corentin.

Certes, je ne peux m’empêcher de penser aux gains de temps et place extraordinaires offerts par cette petite tablette (une bibliothèque entière, une DVDthèque et une collection de disques; le tout en moins de 700 grammes: la technologie est décidément fabuleuse), mais devons-nous résider dans des lieux vides de sens?

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