Ce que j’adore à Noël, c’est l’atmosphère. Dès les derniers jours de novembre, je me complais dans un état d’esprit dégoulinant de bons sentiments; et, mi-émerveillée, mi-rêveuse, et je quitte mes allures de parisienne pressée pour adopter un tout nouveau style. La fille au grand sourire niais et au regard perdu au loin, qui arpente la ville le nez en l’air parce qu’elle admire les illuminations de Noël, le Ciel de Décembre (de jour comme de nuit) ou même un pigeon qui ne fait que passer par là, c’est moi. Les yeux mi-clos, je prend de grandes inspirations d’air glacé que j’imagine pur et montagnard, quand il n’est pas chargé d’effluves propres aux semaines précédant les fêtes: marrons chauds, raclette, vin à la cannelle, sapin.
Le sapin, c’est primordial. Ce premier week-end de décembre, My Bro et moi avons décidé de nous faire un trip 100% X-mas. Tout y est passé: achat de papier cadeau et neige artificielle (avec les pochoirs), marché de Noël de la Défense, tartiflette, vin chaud, balades dans les allées du marché en mode touriste photographe et virée à la Fnac tout en assumant nos serre-têtes verts à bois de rennes rouges (qui nous ont valu beaucoup de succès et d’apostrophes du genre “eh les rennes!” et même un “il est interdit de monter les rennes…” haha.). Et un sapin.
Un petit sapin, tout petit tout vert tout mignon (parce que les blancs, c’est tellement joli, mais c’est un peu cher). On rentre ivres de l’esprit de Noël (et un peu, du vin chaud) et toutes excitées de pouvoir décorer l’appart’. Je sors le carton “super-hyper-méga-fragile” de décorations que je chéris et protège de moultes déménagéments depuis des années; on déballe les pochoirs, on décore les fenêtres de petites maisons et autres animaux en fausse neige, comme dans une comédie romantique à l’américaine; on passe l’aspi partout et on fait une place pour ce fameux sapin. Un vrai qui sent bon, pas un artificiel tout moche qui ne pique pas.
30 minutes plus tard, le voilà tout beau, et décoré comme il se doit bien sûr: tout d’abord la guirlande lumineuse, puis les guirlandes normales, puis les grosses boules (haha), puis les petites. Il est parfait. Gniii. Les guirlandes, j’y tiens, on les avait achetées avec ma maman il y a quelques années, et elles sont super jolies, toutes brillantes; il y en a une, on dirait un peu de la neige. Pareil pour les boules, elles sont le fruit d’années de soin et d’amour, la plupart acquises ou offertes en famille. On prend le sapin en photo. Fierté.
Et puis le chat a repéré le sapin.
Bon, moi, naïvement, j’espérais qu’elle ne ferait pas trop attention. Ou je n’ai pas voulu savoir, tant je voulais un sapin chez moi (sinon, c’est pas Noël). Pour faire le sapin, on a du enfermer le chat à côté, certes, mais on s’est dit: une fois que les guirlandes ne bougeront plus, ça devrait aller.
Oh, comme nous étions innocentes et naïves lors.
Bilan-sapin après une nuit avec le chat: une guirlande détruite, des bouts de guirlande par terre, des aiguilles partout, une boule qui a roulé toute la nuit et qu’on retrouve près de la litière. Zen, on passe l’aspi, on range la boule, on remet les guirlandes tant bien que mal, tout va bien. Le soir, elle mâchouille des branches. “Non!”. Elle s’en fout. Je l’enferme à côté trois minutes puis la relâche. Nonchalament, elle se dirige vers le sapin et en re-mâchouille une branche. Je passe ma soirée à tenter de l’en empêcher.
Bilan-sapin après 5 nuits avec le chat: il repose à présent sur un tapis d’aiguilles inépuisable. My Bro passe sa vie à les aspirer, je commence à penser qu’elle a ce mini-aspi greffé au bras. Les guirlandes, y compris lumineuse, sont complètement emmêlées et toutes pelées; il y a des trucs brillants partout au sol. Des branches sont cassées, au bout desquelles il n’y a quasiment plus de boules: la plupart ont été enlevées ou cassées. Il fait peine à voir. Je crois que le chat s’attaque aux décorations de bas en haut, elle va bientôt attaquer l’étoile. Et, bien entendu, elle a élu domicile sous le sapin. Pour l’attraper, il faut aller la chercher là-dessous, ce qui détruit un peu plus ce lieu devenu apocalyptique, témoin d’une guerre sans merci.
Bref, je refoule mes envies de défenestration (de mon chat ou de moi-même) et tente de relativiser: ce ne sont que des détails matériels.
Mais bon. Vivement Janvier, que je signe l’armistice avec le félin.
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