10 catégories de prédateurs du métro

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Le métro parisien est une jungle dans laquelle toute excursion se fait avec prudence. Voici un panorama (non exhaustif) des prédateurs urbains auxquels tu devras faire face, ainsi que quelques conseils à usage de l’explorateur(trice).

Tes armes: un livre/un lecteur MP3/un smartphone (pour ignorer), ta parole acérée (pour riposter), tes jambes (pour fuir).

La collante: lorsque la rame est bondée, et que tu te tiens déjà sur la pointe des pieds pour atteindre le poteau afin de ne pas perdre l’équilibre lors des freinages, elle s’appuie contre toi de tout son poids pour se tenir debout.

Que faire? Dans ces cas-là, prends un malin plaisir à utiliser la force de l’adversaire pour le faire tomber: bouge imperceptiblement dans la même direction que celle de son appui, mine de rien, et observe du coin de l’œil son mouvement précipité pour reprendre l’équilibre, suivi d’un regard mauvais (que tu lui rendras). Non mais ho, on n’est pas des murs, hein.

L’amoureux(se) du poteau: indifférent à ta main agrippée au poteau, il s’y appuie, que dis-je s’y étale de tout son long (écrasant par la même occasion ladite main). Mais il est aveugle, ou quoi? N’insultons pas nos amis les aveugles: cette personne est tout simplement égoïste (ou intellectuellement limitée).

Que faire? Tu peux tenter de bouger ta main genre “hého, je suis là”, mais tu obtiendras tout au mieux un semi-regard: il ne bougera pas d’un poil. Déplace ta main – si tu réussis à la dégager – à hauteur de son cou (il y a un creux, et donc une place pour t’accrocher, ouf).

Le lent: ahhh, notre ami le lent. Sous toutes les formes, il rend notre vie de citadin un peu plus stressante – sinon ce n’est pas drôle.

Que faire? Deux conseils: premièrement, si tu es sur le point de commettre un meurtre en masse, prends les escaliers: ça te  défoulera et te donnera l’illusion d’avancer alors qu’ils sont tous coincés comme des moutons sur l’escalator d’à côté (à te fixer comme une bête curieuse). Et tu auras de belles jambes musclées. Ensuite, respire un bon coup et lâche prise: la vie est trop courte pour faire un ulcère à 30 ans. Zen…

Le louche: il arpente les quais d’un pas lentissime, en passant juuuuste devant toi et de trèèèès près (que tu sois assis ou debout). Alors qu’il y a plein de place sur le reste du quai. Paranoïa alert!

Que faire? Ferme les yeux, écoute un peu de musique et ignore-le: il n’est généralement pas dangereux.

Le fixeur: la mine patibulaire (mais presque), engoncé dans le siège juste en face du tien, il te fixe d’un regard sombre. Tu as beau te replonger dans ton livre, tu ne peux pas te concentrer parce que chaque fois que tu lèves les yeux, tu croises son regard. Argh!!!

Que faire? Si tu t’en sens le courage, fixe-le en retour et commence un concours de “qui baissera le regard en premier”. Généralement, ça sera lui.

Le lourd (alias le dragueur à deux balles): si tu es une demoiselle, tu y as forcément eu droit. Ton œil averti l’a repéré de loin, avant même qu’il entre ton territoire (le rayon d’environ 1 mètre d’espace vital dont tu as besoin pour ne pas te sentir envahie). Avant même qu’il ouvre la bouche, tu penses “oh non…”, et si tu as encore plus de poisse, il y a des chances qu’il te touche le bras pour te parler. Gniiiii. De “vous êtes charmante” à “t’es de quelle origine?”, l’étendue de son vocabulaire se limite généralement aux même phrases-types que tu as entendues un milliard de fois.

Que faire? Chacune a sa technique: envoyer balader, fuir, ignorer (ou fais comme moi: les trois à la suite). Parfois, ce n’est pas assez, car le lourd est, comme son nom l’indique, très lourd. Cependant, attention à ne pas le mettre en colère, sous peine d’insultes.

Le pervers: moins courant que le lourd mais tout aussi redoutable – il profite d’une rame bondée pour te tripoter – ou pire, d’une rame déserte pour te faire des propositions indécentes.

Que faire? Si le métro est rempli de monde, tu as le choix entre A. dire très fort “Pourriez-vous enlever votre main de mes fesses s’il vous plaît” ou B.changer de wagon (plus discret). Quant aux wagons déserts, évidemment, évite-les à tout prix: choisis une rame contenant au moins 2-3 personnes à l’aspect rassurant.

Le troupeau bruyant: quelquefois, le wagon peut être un havre de paix et de silence, soudainement envahi d’une cohorte de personnes bruyantes et indifférentes à l’harmonie qu’ils viennent de briser. Du groupe de touristes dont le niveau sonore ne passe pas en-dessous des 90 décibels au gang de jeunes nous faisant profiter de leur musique grâce à un téléphone portable grésillant, le troupeau bruyant te donne la migraine alors que tu tentes simplement de survivre aux courses du samedi après-midi à Châtelet les Halles.

Que faire? Si tu es chanceux, il s’agit peut-être d’un groupe de trentenaire alcoolisés fêtant un enterrement de vie de garçon: observe-les (c’est très drôle) et rigole avec eux, ça te fera un bon souvenir. Dans d’autres cas de figure, monte le son de ton iPod (mais pas trop, attention aux petites zoreilles).

L’odorant(e): qu’il ait mangé des oignons au petit déjeuner, ou qu’elle se soit déversé une bouteille entière de parfum périmé sur les vêtements, l’odorant(e) te procure généreusement une sensation de saine nausée de bon matin.

Que faire? Respire par la bouche et évade-toi dans ta happy place.

L’égoïste: il passe devant toi pour entrer dans le métro comme si sa vie en dépendait ou se précipite dans la rame pour avoir une place assise alors que toi, tu tentes désespérément d’en sortir. Pire, il coince les portes pour permettre à son pote de rentrer aussi, retardant le train et par la même occasion tout les autres passagers (qui lui lancent des regards assassins mais n’osent rien dire).

Que faire? Lui lancer un regard assassin. Malheureusement, ça ne servira à rien de lui faire une remarque: il y a de grandes chances que cela dégénère en dispute.

Bon safari.

Le dilemme chaud / sexy

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En surcroît de mes multiples névroses qualités d’organisation, je possède une propriété que je qualifierais de peu pratique la plupart du temps: une frilosité exceptionnelle. A l’instant où je vous parle, je suis affublée d’un sous-pull, un pull (en laine), une écharpe à trois tours (également en laine) qui m’arrive jusqu’au menton… et le radiateur est à fond. Dès le mois de septembre, et ce jusqu’en mai, j’ai tout le temps plus froid que les autres. J’ai un peu froid lorsqu’ils se sentent bien, et j’ai très froid lorsqu’ils ont un peu froid. Non, je ne suis pas très sports d’hiver.

En ce moment, pour m’habiller, je fais face au dilemme chaud / sexy. Ce n’est pas une émission érotique du matin sur RTL9, ou encore un choix cornélien sur le degré de pouffitude à accorder à sa tenue. Ou presque. En réalité, chaque matin est un challenge d’inventivité. Outre le sempiternel “je n’ai rien à me mettre” propre à beaucoup de mes comparses féminines – dont les étagères, tout comme les miennes, croulent sous les vêtements – une question supplémentaire, cruciale, se pose: “comment s’habiller chaudement tout en restant présentable”. Toutes les filles le savent: plus il fait froid, plus l’on doit redoubler de créativité pour ne pas ressembler à un sac (un gros sac dodu rempli de pulls en laine, style Bibendum). Déjà qu’on a perdu tout le bronzage acquis avec peine cet été, mais si on doit ressembler à une endive, autant que celle-ci soit bien habillée.

Il y a les matins “aujourd’hui, j’ai un rendez-vous client”. Les pires. Parce qu’un costume / tailleur / jolie chemise, ça ne tient pas chaud du tout. Et une veste de tailleur avec un pull, c’est moyen. Le pull, c’est la fin du look corporate; c’est la mort de toute possibilité d’être classe ET sexy ET avoir chaud à la fois. Les hommes mettent un costume et hop, c’est réglé. Parfois, c’est dur d’être une femme.

Il y a les matins “je déjeune avec untel” ou “je vais sûrement croiser untel de tel service que je trouve mignon” ou encore “rencard ce soir directement après le boulot”. Le genre de matins où tu sais que tu vas arriver à la bourre, parce que tu mettras 45 minutes rien que pour choisir ta tenue. Trouver la tenue qui 1. te met en valeur mais 2. pas trop quand même parce que tu passes la journée au travail; et 3. qui tient chaud mais 4. pas trop parce que tu ne veux pas transpirer et arriver complètement nauséabonde à ton rancard après une journée de travail et plusieurs trajets en métro. Autant dire que si ce cas de figure se représente trois jours de suite, ça devient complexe.

Heureusement, il y a les matins “blasée” où tu te contentes d’enfiler un gros pull et une paire de jeans  avec des baskets (enfin ça, c’est en agence; si ce n’est pas le cas, se reporter exclusivement au cas de figure n°1 consacré au look corporate). Et tu décides que tu t’en fous, parce que tu seras devant ton ordi toute la journée. Évidemment, c’est toujours ces jours-là que tu vas croiser le stagiaire / collègue mignon (en espérant que ce ne soit pas en fin de journée lorsqu’il te reste zéro maquillage et que tes cernes ont doublé de volume) ou te faire inviter à “prendre un verre tous ensemble” le soir même.

Heureusement, il reste des hommes pour penser que le moment où une femme est la plus belle est au réveil. Enfin, il me semble avoir entendu ça. Une fois. Bref. Visiblement, ces hommes-là se prennent moins la tête que moi… mais ça, ce n’est pas difficile.

“Argh faut que je fasse une liste”

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Les listes me sont salvatrices. Derrière mon attitude organisée à la limite de l’obsession, j’ai un petit fond bordélique (selon mes critères, bien entendu, donc un petit peu bordélique) qui semble me coller à la peau et me suivre depuis toujours. Une petite voix endormie les journées de travail qui se réveillerait dès que je franchis le seuil de mon domicile, qui se nomme “procrastination”. Elle me souffle des conseils mal avisés pour me rendre la vie plus facile, du genre “balance tes fringues sur le lit alors que le panier à linge sale est juste à côté”, “oublie d’ouvrir le courrier et laisse-le moisir deux mois sur le meuble de l’entrée”, et surtout “pas besoin de noter ça, tu t’en rappelleras”. Concernant le linge sale et le courrier, il y a généralement un seuil de rupture (lorsqu’il n’y a même plus de place pour dormir ou qu’on a subi une violente agression d’enveloppes en tentant d’ouvrir un tiroir).

Pour le reste, il existe un outil très utile qu’on appelle agenda. Mais pourquoi noter “poster telle lettre” ou “appeler machin” ou “idées de trucs à faire avec le pot de Nutella vide” dans un agenda? Et où? Je garde donc tout en tête, tension  exponentielle à mesure des jours qui passent, jusqu’à recevoir un warning de mon cerveau en overcapacity. Faites de la place sur votre disque dur. Même plus assez d’espace pour une défrag’. Dans ces cas-là, un bon coup de CCleaner s’impose. Et un tri des dossiers. Et pour ça, faut que je fasse une liste. Voire même plusieurs listes.

Portée par une énergie nouvelle, je m’empare d’un stylo (noir, toujours), d’une feuille de papier (à lignes si possible), et d’un support (on écrit toujours plus faclement avec un bon support sous la feuille).

“Alooooooors…”.

J’en frissonne d’extase. Mâchouillant mon stylo noir, je réfléchis aux catégories. Généralement, au minimum une liste “trucs importants/urgents” (avec deadlines, par ordre chronologique), une liste “maison” (rangement, ménage, et autres tâches du style “ouvrir le courrier qui moisit depuis 2 mois”), et une liste de courses (parce que le craquage-liste concorde souvent avec un frigo au contenu proche du vide intersidéral). En option, autres listes supplémentaires: “cadeaux de Noël” (classés par noms), “examens à venir” (aussi dans l’agenda, mais pour les rendre bien visibles ainsi que la date de chaque examen), ou encore une méga-liste “Déménagement” composée de moultes sous-listes “cartons”, “EDF” (on n’a toujours pas le courant), “accès Internet” (relancer Free/Orange pour la troisième fois), etc.

Chaque titre de liste est souligné, chaque nouveau point a son astérisque bien à lui, ses sous-points à tirets (ou flèches),  ses doubles-flèches “conséquence: faire ceci” et, si besoin, la deadline en face (toutes les deadlines formant une colonne uniforme, bien entendu). Et lorsque les listes sont terminées: satisfaction intense; et une vague de soulagement nous envahit ainsi que le sentiment d’avoir fait quelque chose d’incroyablement pertinent et utile. Rhaaaaa.

Et, bien sûr, s’ensuit dans la foulée une motivation intense, et semble-t-il sans limites (mais en fait, non), pour accomplir toutes ces tâches. Afin de ressentir cette satisfaction quasi-jouissive découlant du surlignage (au Stabilo, parce que barrer, c’est moche) des tâches à mesure qu’elles sont accomplies. Une. Par. Une. Placer dans la corbeille. Supprimer les éléments sélectionnés. Ce qui est fait n’est plus à faire. Oh yeah.

Le pot de Nutella vide (1)

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Tout a commencé avec un pot de Nutella vide.

Je rentre du travail, et j’observe le rituel quotidien: j’ouvre la porte de l’appartement, je manque de couper le chat en deux en évitant qu’elle ne sorte – comme tous les soirs – et dis bonjour à l’animal en question (salut ma belle, ma chatounette, ma souboubou, ma choupidoubibrmmblll et autres quasi-onomatopées complètement débiles propres à tout possesseur de félin), enlève les écouteurs, éteins la musique, dis bonjour à My Bro (oui, après le chat, et elle fait pareil en rentrant, donc pas de jalousies) tout en me débarrassant d’au moins 3 couches de vêtements, écharpe de 5 mètres de long comprise (ben oui, on est en décembre).

Puis, inexorablement, direction la cuisine pour me laver les mains. Parce que quand je rentre chez moi après avoir pris le métro, ce passage est obligatoire. Je ne touche pas à mon ordinateur, ma nourriture ou la télécommande sans m’être débarrassée de ce que j’imagine être une faune grouillante (oui, berk) sur mes mains et prête à infester mon appartement. Comme si j’avais les mains un peu moites (même si elles sont sèches) et chaudes, voire brûlantes. Je les passe à l’eau fraîche. Savon. Raaaah. L’étape suivante aurait dû être: allumer mon pc et m’installer devant, sur le sofa, avec la légèreté d’un diplodocus accompagnée d’un autre “rhaaaa” de satisfaction (alors que j’étais assise devant un ordinateur toute la journée). Mais le rituel a été interrompu alors que je me retournais. Je l’ai vu, là, sur le micro-ondes.

Un pot de Nutella vide, sans bouchon.

Etiquette à moitié délavée à cause d’une présence trop prolongée sur le bord de l’évier (à détremper pour  qu’il soit tout propre afin d’être recyclé dans la poubelle à verre), d’une transparence presque dérangeante tant on est habitué à le voir… ben, marron. Ou marron zébré de transparent.

Mes yeux s’y arrêtent parce que ce n’est pas sa place: un pot de Nutella plein, ou entamé, certes. Mais un pot de Nutella vide et tout propre? Il devrait être dans le sac à recyclables ou déjà dans la poubelle, dans la cour. Je me demande pourquoi My Bro l’a laissé là, ça ne lui ressemble pas (toute cette réflexion s’opérant en une demi-seconde). Puis j’ai une illumination: “My Bro, on devrait utiliser ce pot de Nutella vide pour y mettre des trucs” et par trucs, je pense à de l’argent, dans un délire “film américain des années 90 où ils gardent des pièces dans un pot puis s’achètent un truc quand il est plein”. My Bro de répondre “Oui! c’est pour ça que je l’ai gardé!”

Of course you did. Tout s’explique. Il y avait donc une logique. Ouf.

Les catégories de Lents à Paris

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Dans le métro, dans la rue, dans les couloirs: les Lents hantent le milieu urbain. Tout parisien qui se respecte (ou pas) sait qu’il y a toujours un Lent prêt à lui faire rater son train ou arriver en retard au boulot lorsqu’il est particulièrement pressé (c’est-à-dire 98% du temps; “parisien pressé” étant, comme chacun le sait, un pléonasme). En parisienne solidaire, et au péril de ma vie, j’ai arpenté cette jungle urbaine  qu’est Paris, truffée de Lents piétonniers susceptibles de nous faire trépigner, zigzaguer sur place, grommeler, soupirer et songer au meurtre à la petite cuiller. Voici mon rapport (non exhaustif, bien entendu):

  • le Lent du Couloir: une catégorie de personne sans distinction physique particulière qui hante les couloirs les plus étroits pour nous rendre dingues.
  • le Lent du Métro: un des pire phénomènes de Lenteur. Il sort de la rame de métro ou y entre avec une lenteur insupportable, à heure de pointe, tandis que nous sentons notre stress augmenter de manière exponentielle à mesure que les secondes s’écoulent. Une seule pensée nous obsède “je dois entrer avant que la sonnerie des portes retentisse”. Dans le pire des cas, la sonnerie retentit, il y a encore des Lents sortant du wagon, et environ 7 personnes devant nous avant de rentrer dans ce satané métro.
  • le Lent Wesh Wesh: tel un félin pingouin, de sa démarche nonchalante et chaloupée, le Lent Wesh Wesh arpente les rues avec désinvolture pour nous faire admirer le plus longtemps possible la sublime vue du caleçon dépassant de son baggy prêt à tomber à chaque instant. Si on a de la chance, on pourra l’apercevoir remonter ledit baggy une nanoseconde avant qu’il lui tombe sur les pieds. Se déplace souvent en bande bruyante, d’où la quasi-impossibilité de les dépasser.
  • le Lent à poussette: le problème de ce Lent, c’est qu’il prend, une fois de plus, beaucoup de place. Mais on lui pardonne, et on l’aide dans les escaliers si on a un minimum de conscience. En revanche, si contenu de ladite poussette est brailleur, le stress est susceptible de monter très, très vite, et la conscience de disparaître momentanément.
  • le Lent à Caddie: variante du lent à poussette, le Lent à Caddie, lui, n’inspire aucune sympathie ni compassion. On les trouve souvent par paire et de front dans un rayon, car tout se ligue pour nous empêcher d’avancer tranquillement dans le rayon des nounours chimiques produits biologiques. C’est aussi lui qui “range” (donc laisse traîner) son caddie en plein milieu d’une allée.
  • le Lent Papy / Mamie: c’est un des rares lents que l’on prend en affection, parce qu’on aime bien nos papys et mamies. Malheureusement, le parisien pressé à heure de pointe tend à oublier assez vite le concept d’affection. Allez, on respire un coup, ça ira mieux.
  • les Pouffes Lentes en troupeau: une des pires catégories qui nous donne envie de sortir notre Hache Berserk de niveau 8 et de commettre un meurtre en masse. Marchant d’une lenteur exaspérante sur le trottoir entier (quelle que soit la taille de celui-ci), dans le sens de la largeur, 4 ou 5 Pouffes Lentes d’une moyenne d’âge de 15 ans nous font partager leur conversation du siècle agrémentée de “grave”, “mais c’est clair”, “truc de ouf quoi” et ponctuée d’éclats de rires insupportables; elles n’entendent pas notre “pardon” lorsque nous tentons de nous frayer un chemin et nous regardent d’un air de dire “mais c’est quoi son problème” lorsque, excédé, on finit par en bousculer une pour passer.
  • le Lent Touriste: malheureusement, le Lent Touriste se déplace aussi souvent en troupeau. C’est là bien le problème; et, qu’ils soient émerveillés à la vue d’une Tour Eiffel ou autre Arc de Triomphe, ou perdus, une carte immense entre les mains, ils ne réalisent pas qu’on est derrière eux, bavant, les yeux injectés de sang et prêt à se jeter dans la Seine du moment qu’on avance de quelque manière que ce soit.
  • la Famille de Lents: une extension du Lent à Poussette. La Famille de Lents sort le week-end est est généralement composé de deux parents, une grosse poussette, et un ou deux enfants supplémentaires qui courent partout en hurlant et zigzaguent devant nous pour nous faire tomber à tout prix. Zen.
  • le Lent à l’Escalator: une catégorie particulière de Lents qui ne se contente plus de marcher à 0,2 Km/h, mais a décidé de s’arrêter à la gauche de l’escalator alors que tout bon parisien sait que la file statique se trouve à droite. Bien entendu, ce même Lent avance à une vitesse d’escargot asthmatique à la sortie de l’escalator, et vous manquez de vous ramasser parce que vous arrivez à votre tour et n’avez pas la place d’avancer.
  • le Lent du Guichet: peut-être celui qui provoquera en vous le plus de pensées suicidaires parce que vous ne pouvez absolument rien y faire. Votre train part dans 3 minutes, il reste une autre personne devant vous, et le Lent du Guichet y est depuis environ 15 minutes, et on ne sait pas pourquoi. On se dévisse régulièrement le cou, tout comme les membres de plus en plus nombreux d’une file d’attente grandissante derrière soi, pour savoir ce qui se passe; on soupire d’un air excédé et les échanges désagréables sur la Lenteur de cet égoïste personnage commencent à fuser. Mais le Lent du Guichet y est complètement imperméable. Variantes: le Lent du Distributeur, le Lent à la Caisse du supermarché, le Lent chez le Médecin.
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