Paris est merveilleuse en Avril

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 1 Comment »

Mes matins sont baignés de lumière dorée. Au réveil, un rayon malicieux s’est glissé entre les rideaux, illuminant un pan de ma chambre de poussière scintillante, tiédissant mes draps. Le chat, encore tout assoupi et le pelage fleurant bon le printemps, grimpe paresseusement sur le lit, s’étend tout près de moi et cligne doucement des yeux, affichant un sourire de félin satisfait.

Paris est merveilleuse en Avril. L’on est censé ne pas se découvrir d’un fil, mais moi, je me laisse aller bêtement à ce phénomène général qui fait que nous nous dévêtons au moindre rayon de soleil, avides de chaleur que nous sommes. La capitale se recouvre peu à peu d’une parure verdoyante et de flore multicolore. Nous nous promenons le long d’une Seine chatoyante, sous un Montmartre immaculé, ou encore dans l’ombre douce des arbres du Jardin du Luxembourg. Nous sortons de cette léthargie hivernale qui nous a paralysés des mois durant, et nous surprenons à sourire aux passants dans la rue.

Avril est le commencement de ces trois mois les plus heureux de l’année. Je ne saurais l’expliquer. Souvent, les yeux fermés, je laisse une chaleur apaisante caresser mon visage. Souvent, je chante sans raison. Souvent, j’ai le cœur délicieusement serré et l’âme rêveuse. Ces jours-là, je suis vivante.

Paris twitte-t-il: la chasse est ouverte

Geekeries, Journal d'une Rêveuse 8 Comments »

L’excitation est à son comble, mêlée d’appréhension: ce genre d’évènements est toujours pour moi la promesse d’une soirée passionnante, de rencontres intéressantes et de bonnes rigolades. Ces soirées sont pour Eowenn, souvent réservée au quotidien et ratounette d’ordinateur de bibliothèque  l’occasion de papillonner d’une personne à l’autre, d’entamer des conversations sans queue ni tête et de se faire de nouveaux contacts, le tout ponctué de rires et de photos plus ou moins compromettantes.

Eine kleine Nachtmusik vissée dans les oreilles pour m’aider à oublier les Lourds me hélant dans la rue, je rase les murs de la rue du Faubourg du Temple pour me rendre à ce fameux Paris twitte-t-il (question: pourquoi les soirées blogueurs sont-elles toujours situées dans des quartiers douteux?) J’arrive à l’entrée de la Java, rien que ça, où une demi-douzaine de personnes attendent déjà – je ne connais personne mais l’on se fait tous des petits sourires mi-ravis, mi-gênés genre “Nous connaîtrions-nous sur Twitter sans le savoir?”. Hou, le suspense et l’anticipation de ce passage du statut de contacts Twitter à celui de connaissances IRL… mind the gap.

Nous rentrons dans le bar / club et donnons nos pseudos à l’accueil qui dissipe toute crainte en fournissant généreusement  une étiquette à chacun pour y inscrire son pseudo Twitter. Je note “Eowenn =^.^=” (ce qui me vaudra toute la soirée des concerts de “pourquoi Eowenn? c’est breton? c’est celte? c’est du Seigneur des Anneaux? pourquoi ya un chat à côté?”). Le monsieur derrière moi se présente: @Sarimarcus; nous nous fixons immédiatement, sortons un “ah oui” de reconnaissance; youpi, j’ai rencontré mon premier contact. Je check-in à “la Java” sur Foursquare, et ma geekerie se contentera de ce geste pour le reste de la soirée: je n’aurai pas le temps d’en faire plus.

Et je pars à la chasse. La soirée est un safari, un challenge: rencontrer le maximum de followers/followés possible en un minimum de temps. Les gens passent, tu ne les regardes pas dans les yeux, mis tu scrutes les poitrines (…), les vêtements, les bras pour y distinguer le petit rectangle blanc salvateur, celui qui nous renseignera sur l’identité de l’interlocuteur. Tu te dévisses le cou et équarquilles les yeux pour distinguer les pseudos dans le noir, mais ce n’est pas grave, parce que tout le monde fait pareil.

Les gens ne se connaissent pas tous mais ils se disent tous bonsoir; ils se parlent, networkent; les @pseudo et cartes de visites s’échangent et les blagues à deux balles vont bon train (“T’as combien de followers? 150? bwahaha j’te parle même pas. Haha.”). Fidèle à mon comportement de soirée, je folâtre d’une personne à l’autre, je croise @PRland et @Mathilde_F grâce à mes collègues; je harponne @MathieuFlex au passage, nous nous saluons brièvement avec @Paingout, je discute avec @thekitchenfr et @buzz2day. Régulièrement, il y a checkpoint et bilan de la soirée avec @Sarimarcus qui comme moi semble rencontrer de nombreuses personnes. Je retrouve @Marion_mdm, @Hedia et @Guillermo83 avec plaisir, mais une question me taraude: où est @Oupsy, la demoiselle aux jolies photos de chat et chaussettes rayées? Je finis par (enfin) la rencontrer. Et encore plein d’autres gens sympathiques que je m’excuse platement de ne pas citer…

Je vole une photo VIP avec monsieur @culturepub (qui semble sur l’instant dubitatif quant à mes intentions) et une autre avec @cyrilpaglino (finaliste de Secret Story 2, bande d’incultes). Les gens sont vraiment tous sympa; il n’y a pas de comportement élitiste, pas de prise de tête: nous sommes tous membres de la twittosphère parisienne. Dommage que je n’aie pu rencontrer toutes les personnes que je souhaitais croiser, mais ce fut une très bonne surprise et d’agréables moments. Merci à tous ceux que j’ai eu la chance de (re)découvrir hier soir!

N.B.: à la demande générale et unanime (de 2-3 personnes), je rajoute 3 petites photos de la soirée:

@Sarimarcus

@culturepub

@cyrilpaglino

10 catégories de prédateurs du métro

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Le métro parisien est une jungle dans laquelle toute excursion se fait avec prudence. Voici un panorama (non exhaustif) des prédateurs urbains auxquels tu devras faire face, ainsi que quelques conseils à usage de l’explorateur(trice).

Tes armes: un livre/un lecteur MP3/un smartphone (pour ignorer), ta parole acérée (pour riposter), tes jambes (pour fuir).

La collante: lorsque la rame est bondée, et que tu te tiens déjà sur la pointe des pieds pour atteindre le poteau afin de ne pas perdre l’équilibre lors des freinages, elle s’appuie contre toi de tout son poids pour se tenir debout.

Que faire? Dans ces cas-là, prends un malin plaisir à utiliser la force de l’adversaire pour le faire tomber: bouge imperceptiblement dans la même direction que celle de son appui, mine de rien, et observe du coin de l’œil son mouvement précipité pour reprendre l’équilibre, suivi d’un regard mauvais (que tu lui rendras). Non mais ho, on n’est pas des murs, hein.

L’amoureux(se) du poteau: indifférent à ta main agrippée au poteau, il s’y appuie, que dis-je s’y étale de tout son long (écrasant par la même occasion ladite main). Mais il est aveugle, ou quoi? N’insultons pas nos amis les aveugles: cette personne est tout simplement égoïste (ou intellectuellement limitée).

Que faire? Tu peux tenter de bouger ta main genre “hého, je suis là”, mais tu obtiendras tout au mieux un semi-regard: il ne bougera pas d’un poil. Déplace ta main – si tu réussis à la dégager – à hauteur de son cou (il y a un creux, et donc une place pour t’accrocher, ouf).

Le lent: ahhh, notre ami le lent. Sous toutes les formes, il rend notre vie de citadin un peu plus stressante – sinon ce n’est pas drôle.

Que faire? Deux conseils: premièrement, si tu es sur le point de commettre un meurtre en masse, prends les escaliers: ça te  défoulera et te donnera l’illusion d’avancer alors qu’ils sont tous coincés comme des moutons sur l’escalator d’à côté (à te fixer comme une bête curieuse). Et tu auras de belles jambes musclées. Ensuite, respire un bon coup et lâche prise: la vie est trop courte pour faire un ulcère à 30 ans. Zen…

Le louche: il arpente les quais d’un pas lentissime, en passant juuuuste devant toi et de trèèèès près (que tu sois assis ou debout). Alors qu’il y a plein de place sur le reste du quai. Paranoïa alert!

Que faire? Ferme les yeux, écoute un peu de musique et ignore-le: il n’est généralement pas dangereux.

Le fixeur: la mine patibulaire (mais presque), engoncé dans le siège juste en face du tien, il te fixe d’un regard sombre. Tu as beau te replonger dans ton livre, tu ne peux pas te concentrer parce que chaque fois que tu lèves les yeux, tu croises son regard. Argh!!!

Que faire? Si tu t’en sens le courage, fixe-le en retour et commence un concours de “qui baissera le regard en premier”. Généralement, ça sera lui.

Le lourd (alias le dragueur à deux balles): si tu es une demoiselle, tu y as forcément eu droit. Ton œil averti l’a repéré de loin, avant même qu’il entre ton territoire (le rayon d’environ 1 mètre d’espace vital dont tu as besoin pour ne pas te sentir envahie). Avant même qu’il ouvre la bouche, tu penses “oh non…”, et si tu as encore plus de poisse, il y a des chances qu’il te touche le bras pour te parler. Gniiiii. De “vous êtes charmante” à “t’es de quelle origine?”, l’étendue de son vocabulaire se limite généralement aux même phrases-types que tu as entendues un milliard de fois.

Que faire? Chacune a sa technique: envoyer balader, fuir, ignorer (ou fais comme moi: les trois à la suite). Parfois, ce n’est pas assez, car le lourd est, comme son nom l’indique, très lourd. Cependant, attention à ne pas le mettre en colère, sous peine d’insultes.

Le pervers: moins courant que le lourd mais tout aussi redoutable – il profite d’une rame bondée pour te tripoter – ou pire, d’une rame déserte pour te faire des propositions indécentes.

Que faire? Si le métro est rempli de monde, tu as le choix entre A. dire très fort “Pourriez-vous enlever votre main de mes fesses s’il vous plaît” ou B.changer de wagon (plus discret). Quant aux wagons déserts, évidemment, évite-les à tout prix: choisis une rame contenant au moins 2-3 personnes à l’aspect rassurant.

Le troupeau bruyant: quelquefois, le wagon peut être un havre de paix et de silence, soudainement envahi d’une cohorte de personnes bruyantes et indifférentes à l’harmonie qu’ils viennent de briser. Du groupe de touristes dont le niveau sonore ne passe pas en-dessous des 90 décibels au gang de jeunes nous faisant profiter de leur musique grâce à un téléphone portable grésillant, le troupeau bruyant te donne la migraine alors que tu tentes simplement de survivre aux courses du samedi après-midi à Châtelet les Halles.

Que faire? Si tu es chanceux, il s’agit peut-être d’un groupe de trentenaire alcoolisés fêtant un enterrement de vie de garçon: observe-les (c’est très drôle) et rigole avec eux, ça te fera un bon souvenir. Dans d’autres cas de figure, monte le son de ton iPod (mais pas trop, attention aux petites zoreilles).

L’odorant(e): qu’il ait mangé des oignons au petit déjeuner, ou qu’elle se soit déversé une bouteille entière de parfum périmé sur les vêtements, l’odorant(e) te procure généreusement une sensation de saine nausée de bon matin.

Que faire? Respire par la bouche et évade-toi dans ta happy place.

L’égoïste: il passe devant toi pour entrer dans le métro comme si sa vie en dépendait ou se précipite dans la rame pour avoir une place assise alors que toi, tu tentes désespérément d’en sortir. Pire, il coince les portes pour permettre à son pote de rentrer aussi, retardant le train et par la même occasion tout les autres passagers (qui lui lancent des regards assassins mais n’osent rien dire).

Que faire? Lui lancer un regard assassin. Malheureusement, ça ne servira à rien de lui faire une remarque: il y a de grandes chances que cela dégénère en dispute.

Bon safari.

Chat + Sapin = Apocalypse

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Ce que j’adore à Noël, c’est l’atmosphère. Dès les derniers jours de novembre, je me complais dans un état d’esprit dégoulinant de bons sentiments; et, mi-émerveillée, mi-rêveuse, et je quitte mes allures de parisienne pressée pour adopter un tout nouveau style. La fille au grand sourire niais et au regard perdu au loin, qui arpente la ville le nez en l’air parce qu’elle admire les illuminations de Noël, le Ciel de Décembre (de jour comme de nuit) ou même un pigeon qui ne fait que passer par là, c’est moi. Les yeux mi-clos, je prend de grandes inspirations d’air glacé que j’imagine pur et montagnard, quand il n’est pas chargé d’effluves propres aux semaines précédant les fêtes: marrons chauds, raclette, vin à la cannelle, sapin.

Le sapin, c’est primordial. Ce premier week-end de décembre, My Bro et moi avons décidé de nous faire un trip 100% X-mas. Tout y est passé: achat de papier cadeau et neige artificielle (avec les pochoirs), marché de Noël de la Défense, tartiflette, vin chaud, balades dans les allées du marché en mode touriste photographe et virée à la Fnac tout en assumant nos serre-têtes verts à bois de rennes rouges (qui nous ont valu beaucoup de succès et d’apostrophes du genre “eh les rennes!” et même un “il est interdit de monter les rennes…” haha.). Et un sapin.

Un petit sapin, tout petit tout vert tout mignon (parce que les blancs, c’est tellement joli, mais c’est un peu cher). On rentre ivres de l’esprit de Noël (et un peu, du vin chaud) et toutes excitées de pouvoir décorer l’appart’. Je sors le carton “super-hyper-méga-fragile” de décorations que je chéris et protège de moultes déménagéments depuis des années; on déballe les pochoirs, on décore les fenêtres de petites maisons et autres animaux en fausse neige, comme dans une comédie romantique à l’américaine; on passe l’aspi partout et on fait une place pour ce fameux sapin. Un vrai qui sent bon, pas un artificiel tout moche qui ne pique pas.

30 minutes plus tard, le voilà tout beau, et décoré comme il se doit bien sûr: tout d’abord la guirlande lumineuse, puis les guirlandes normales, puis les grosses boules (haha), puis les petites. Il est parfait. Gniii. Les guirlandes, j’y tiens, on les avait achetées avec ma maman il y a quelques années, et elles sont super jolies, toutes brillantes; il y en a une, on dirait un peu de la neige. Pareil pour les boules, elles sont le fruit d’années de soin et d’amour, la plupart acquises ou offertes en famille. On prend le sapin en photo. Fierté.

Et puis le chat a repéré le sapin.

Bon, moi, naïvement, j’espérais qu’elle ne ferait pas trop attention. Ou je n’ai pas voulu savoir, tant je voulais un sapin chez moi (sinon, c’est pas Noël). Pour faire le sapin, on a du enfermer le chat à côté, certes, mais on s’est dit: une fois que les guirlandes ne bougeront plus, ça devrait aller.

Oh, comme nous étions innocentes et naïves lors.

Bilan-sapin après une nuit avec le chat: une guirlande détruite, des bouts de guirlande par terre, des aiguilles partout, une boule qui a roulé toute la nuit et qu’on retrouve près de la litière. Zen, on passe l’aspi, on range la boule, on remet les guirlandes tant bien que mal, tout va bien. Le soir, elle mâchouille des branches. “Non!”. Elle s’en fout. Je l’enferme à côté trois minutes puis la relâche. Nonchalament, elle se dirige vers le sapin et en re-mâchouille une branche. Je passe ma soirée à tenter de l’en empêcher.

Bilan-sapin après 5 nuits avec le chat: il repose à présent sur un tapis d’aiguilles inépuisable. My Bro passe sa vie à les aspirer, je commence à penser qu’elle a ce mini-aspi greffé au bras. Les guirlandes, y compris lumineuse, sont complètement emmêlées et toutes pelées; il y a des trucs brillants partout au sol. Des branches sont cassées, au bout desquelles il n’y a quasiment plus de boules: la plupart ont été enlevées ou cassées. Il fait peine à voir. Je crois que le chat s’attaque aux décorations de bas en haut, elle va bientôt attaquer l’étoile. Et, bien entendu, elle a élu domicile sous le sapin. Pour l’attraper, il faut aller la chercher là-dessous, ce qui détruit un peu plus ce lieu devenu apocalyptique, témoin d’une guerre sans merci.

Bref, je refoule mes envies de défenestration (de mon chat ou de moi-même) et tente de relativiser: ce ne sont que des détails matériels.

Mais bon. Vivement Janvier, que je signe l’armistice avec le félin.

Les catégories de Lents à Paris

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Dans le métro, dans la rue, dans les couloirs: les Lents hantent le milieu urbain. Tout parisien qui se respecte (ou pas) sait qu’il y a toujours un Lent prêt à lui faire rater son train ou arriver en retard au boulot lorsqu’il est particulièrement pressé (c’est-à-dire 98% du temps; “parisien pressé” étant, comme chacun le sait, un pléonasme). En parisienne solidaire, et au péril de ma vie, j’ai arpenté cette jungle urbaine  qu’est Paris, truffée de Lents piétonniers susceptibles de nous faire trépigner, zigzaguer sur place, grommeler, soupirer et songer au meurtre à la petite cuiller. Voici mon rapport (non exhaustif, bien entendu):

  • le Lent du Couloir: une catégorie de personne sans distinction physique particulière qui hante les couloirs les plus étroits pour nous rendre dingues.
  • le Lent du Métro: un des pire phénomènes de Lenteur. Il sort de la rame de métro ou y entre avec une lenteur insupportable, à heure de pointe, tandis que nous sentons notre stress augmenter de manière exponentielle à mesure que les secondes s’écoulent. Une seule pensée nous obsède “je dois entrer avant que la sonnerie des portes retentisse”. Dans le pire des cas, la sonnerie retentit, il y a encore des Lents sortant du wagon, et environ 7 personnes devant nous avant de rentrer dans ce satané métro.
  • le Lent Wesh Wesh: tel un félin pingouin, de sa démarche nonchalante et chaloupée, le Lent Wesh Wesh arpente les rues avec désinvolture pour nous faire admirer le plus longtemps possible la sublime vue du caleçon dépassant de son baggy prêt à tomber à chaque instant. Si on a de la chance, on pourra l’apercevoir remonter ledit baggy une nanoseconde avant qu’il lui tombe sur les pieds. Se déplace souvent en bande bruyante, d’où la quasi-impossibilité de les dépasser.
  • le Lent à poussette: le problème de ce Lent, c’est qu’il prend, une fois de plus, beaucoup de place. Mais on lui pardonne, et on l’aide dans les escaliers si on a un minimum de conscience. En revanche, si contenu de ladite poussette est brailleur, le stress est susceptible de monter très, très vite, et la conscience de disparaître momentanément.
  • le Lent à Caddie: variante du lent à poussette, le Lent à Caddie, lui, n’inspire aucune sympathie ni compassion. On les trouve souvent par paire et de front dans un rayon, car tout se ligue pour nous empêcher d’avancer tranquillement dans le rayon des nounours chimiques produits biologiques. C’est aussi lui qui “range” (donc laisse traîner) son caddie en plein milieu d’une allée.
  • le Lent Papy / Mamie: c’est un des rares lents que l’on prend en affection, parce qu’on aime bien nos papys et mamies. Malheureusement, le parisien pressé à heure de pointe tend à oublier assez vite le concept d’affection. Allez, on respire un coup, ça ira mieux.
  • les Pouffes Lentes en troupeau: une des pires catégories qui nous donne envie de sortir notre Hache Berserk de niveau 8 et de commettre un meurtre en masse. Marchant d’une lenteur exaspérante sur le trottoir entier (quelle que soit la taille de celui-ci), dans le sens de la largeur, 4 ou 5 Pouffes Lentes d’une moyenne d’âge de 15 ans nous font partager leur conversation du siècle agrémentée de “grave”, “mais c’est clair”, “truc de ouf quoi” et ponctuée d’éclats de rires insupportables; elles n’entendent pas notre “pardon” lorsque nous tentons de nous frayer un chemin et nous regardent d’un air de dire “mais c’est quoi son problème” lorsque, excédé, on finit par en bousculer une pour passer.
  • le Lent Touriste: malheureusement, le Lent Touriste se déplace aussi souvent en troupeau. C’est là bien le problème; et, qu’ils soient émerveillés à la vue d’une Tour Eiffel ou autre Arc de Triomphe, ou perdus, une carte immense entre les mains, ils ne réalisent pas qu’on est derrière eux, bavant, les yeux injectés de sang et prêt à se jeter dans la Seine du moment qu’on avance de quelque manière que ce soit.
  • la Famille de Lents: une extension du Lent à Poussette. La Famille de Lents sort le week-end est est généralement composé de deux parents, une grosse poussette, et un ou deux enfants supplémentaires qui courent partout en hurlant et zigzaguent devant nous pour nous faire tomber à tout prix. Zen.
  • le Lent à l’Escalator: une catégorie particulière de Lents qui ne se contente plus de marcher à 0,2 Km/h, mais a décidé de s’arrêter à la gauche de l’escalator alors que tout bon parisien sait que la file statique se trouve à droite. Bien entendu, ce même Lent avance à une vitesse d’escargot asthmatique à la sortie de l’escalator, et vous manquez de vous ramasser parce que vous arrivez à votre tour et n’avez pas la place d’avancer.
  • le Lent du Guichet: peut-être celui qui provoquera en vous le plus de pensées suicidaires parce que vous ne pouvez absolument rien y faire. Votre train part dans 3 minutes, il reste une autre personne devant vous, et le Lent du Guichet y est depuis environ 15 minutes, et on ne sait pas pourquoi. On se dévisse régulièrement le cou, tout comme les membres de plus en plus nombreux d’une file d’attente grandissante derrière soi, pour savoir ce qui se passe; on soupire d’un air excédé et les échanges désagréables sur la Lenteur de cet égoïste personnage commencent à fuser. Mais le Lent du Guichet y est complètement imperméable. Variantes: le Lent du Distributeur, le Lent à la Caisse du supermarché, le Lent chez le Médecin.
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