Pluie battante

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Tu étais en bas de chez moi. Était-ce moi qui t’avais donné l’adresse ? Je n’arrivais pas à m’en souvenir. Je savais juste que tu étais venu jusqu’ici, parce que tu es fou, et que tu n’aurais pas dû. Je me réveillais à peine, entourée de grisaille, anesthésiée par le battement lancinant d’une pluie impétueuse qui parvenait à travers la fenêtre grande ouverte. Les voilages, pourtant légers, demeuraient obstinément immobiles, paralysés par la lourdeur de l’air.

Sans savoir comment, en un instant, je me suis retrouvée dehors, et tu m’as serrée fort dans tes bras. Nous étions déjà trempés par le torrent diluvien qui accrochait des perles au bout de nos cils et nous collait à notre peau nos vêtements devenus transparents et glaciaux. Mais nous n’avions pas froid. Tu as enfoui ton visage dans mon cou et je me suis perdue dans ton parfum. La veille n’avait plus d’importance. Le lendemain, tout ceci serait oublié, effacé par la pluie. Mais à ce moment précis, tout ce qui comptait était que je sente enfin tes lèvres sur les miennes, lorsque tu m’as embrassée pour la première fois, et que j’ai fermé les yeux.

Lorsque je rouvre les yeux sur les brumes dissipées d’un rêve trop court,  je retrouve le silence feutré de ma chambre, que seul brise le martèlement de la pluie sur les carreaux. Mon téléphone gît à portée de main, toujours marqué des derniers mots que tu m’as envoyés ce matin : après les avoir lus, je m’étais rendormie en le serrant encore entre mes doigts engourdis de sommeil.

Et je commence à pleurer.

Mot d’amour éphémère

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J’ai besoin de toi pour survivre, tu comprends ? Sans toi, je ne suis plus moi-même. Je viens de t’avoir, et déjà l’aiguillon de l’impatience se fait ressentir. Au fil des heures, la pression du manque se fait plus insistante. Je pensais pouvoir tenir quelques jours sans toi, mais tu m’es indispensable. Je peste, et rage, telle une bête en cage. Et ton absence devient un supplice.

Je n’ai plus le choix. Quelques mots doux me suffisent, tu n’as pas besoin d’en faire beaucoup pour que je m’abandonne à toi. Ces précieux moments de passion, où tu fais partie de moi, et leur douce échéance, sont une joute entre ton emprise et ma volonté.

J’en ressors épuisée, et sereine. Et je t’adore toujours plus. Ma douce, ma bien-aimée, mon écriture.

Réflexions sur l’amour

J'aime, j'aime pas, Journal d'une Rêveuse 1 Comment »

Bon, disons-le clairement, la Communication et moi, c’est une passion dévastatrice parsemée de « Je t’aime, moi non plus ». Je m’abreuve de ce qui peut m’éclairer pertinemment sur le sujet (je parle des petites merveilles d’Eric Berne et autres génies ; et en aucun cas d’ouvrages obscurs écrits à la hâte par des inconnus en quête de notoriété facile).

Bref, je farfouillais dans mes étagères pour un peu d’inspiration, et j’ai retrouvé cet ouvrage Parle-moi… j’ai des choses à te dire, qui se veut guide d’une communication retrouvée entre deux êtres qui n’auraient plus rien à se dire ou se seraient rendus inaccessibles par le conflit. L’auteur, Jacques Salomé, psychosociologue et spécialiste du développement personnel, a quand même pas loin de 60 bouquins sur le sujet à son actif (c’est même Wikipedia qui le dit alors hein) et pas des pires, et demeure un ponte dans le domaine, alors je me suis dit que ça ne me ferait pas de mal de m’y replonger un chouilla. Premières impressions sur le vif.

Toute rencontre part d’un malentendu

Dès le départ, l’on se montre conforme à ce que l’on imagine être les attentes de l’autre à notre égard. D’autre part, nous aspirons à voir se refléter dans les yeux de l’autre ce que nous souhaiterions être. Malheureusement, ces « malentendus » font que la relation part sur une base de décalages entre la réalité perçue et les désirs inconscients de l’autre personne. Ces décalages peuvent être sources de stress, de peurs… Une personne peut se frustrer en imaginant devoir agir d’une certaine manière, lorsque l’autre n’a absolument rien exprimé de tel.

Ainsi, on peut également rechercher en l’autre un aspect choisi pour soulager une mauvaise représentation de soi-même, afin d’en retirer un bénéfice négatif : une qualité qui nous manque, et que nous jalousons, ou à l’inverse, un défaut personnel que l’on déteste.

Enfin, sous la pression d’un contexte culturel occidental où la représentation du sentiment amoureux est un fantasme paradisiaque, nous nous attendons à ce que l’autre nous comprenne instinctivement, sans avoir à lui expliquer quoi que ce soit.

En d’autres termes, l’âme sœur est un réparateur de ce qui nous a manqué dans notre propre passé. Ainsi, l’amour n’est pas que fusion et bonheur, mais également souffrance liée au deuil de la relation telle qu’on se la représentait.

Critères de complémentarité et conflits

Jacques Salomé affirme que les choix amoureux se déterminent selon des désirs conscients, mais aussi des pulsions inconscientes. Celles-ci sont les reflets d’images parentales ou d’un besoin narcissique de voir se réaliser en l’autre une partie de soi-même. En cas de coup de foudre, ce raisonnement viendrait-il par la suite, renforçant et justifiant un choix impulsif effectué par instinct ?

Ainsi, les affinités s’établiraient en fonction des désirs, manques et craintes: par exemple, une personne éprouvant un fort sentiment d’insécurité se tournerait instinctivement vers quelqu’un de sécurisant. Les mythes personnels structurent la nature de la relation, et paradoxalement, l’on peut rechercher un partenaire qui représente l’idéal de soi que l’on ne s’imagine jamais capable d’atteindre. Pourtant, ces idéaux inaccessibles et désirs inconscients renforcent des scénarios qui se répètent à l’infini…

Exemple (extrême, bien connu, et simplifié) : une femme fragile, battue dans son enfance, risque bien souvent de choisir des partenaires représentant l’idéal d’une personne mentalement forte (peut-être même capable de tenir tête à ce père violent), qui au final finira par la maltraiter à son tour.

D’autres choix se font sous couvert de désir œdipien : une recherche des qualités du père ou de la mère, ou encore, à l’inverse, un besoin de fuir ces figures parentales.

Ainsi, un homme ayant souffert d’une mère trop rigide tombera amoureux d’une femme qui lui apportera la fantaisie à laquelle il n’aura jamais eu droit. Toutefois, cette fantaisie à laquelle il a été habitué à résister toute sa vie finira par devenir un facteur plus anxiogène que libérateur.

A la suite des premières semaines ou premiers mois amoureux, fusionnels, passionnés, durant lesquels la critique de l’autre est totalement inhibée dans une idéalisation quasi sans limites, ces malentendus finissent par se révéler. Et les conflits commencent à apparaître, avec de nombreuses options à la clé : séparation, éloignement (avec concentration sur des activités extérieures ou des aventures), jeux psychologiques (cf. Eric Berne, Games People Play)… ou renouveau de la relation.

La crise est finalement dépeinte comme un élément bénéfique permettant de transformer la relation, de lui donner un nouveau souffle, la rendre plus authentique.

Bon allez, j’en ai assez lu

(Enfin non, il y a de grandes chances que je termine ce livre parce qu’il est diablement intéressant tout de même)

Mais mon Dieu, stop aux analyses froides, aux sentiments décortiqués comme de simples résidus de nos névroses infantiles. Place à la passion, que diable. Place aux sentiments spontanés, exaltants, presque douloureux tel est puissant le manque engendré par l’absence de l’être aimé. Quinze minutes de lecture m’ont suffit à ne plus vouloir réfléchir ; je refuse d’analyser quoique ce soit. Je veux vivre et ressentir sans peur, je veux me laisser submerger par les émotions à en pleurer de bonheur. Je veux dire et entendre « Je t’aime » sans me demander ce que ces mots signifient réellement et simplement croire à ce qu’ils sont. Avec la naïveté et la fougue de l’adolescence.

« C’est une faim, un violent désir mais, en même temps, l’élan, l’héroïsme et l’oubli de soi. […] c’est une folie divine ». F. Alberoni

Non mais ho, hein. Et pour la peine, je vous illustre tout ceci avec une image dégoulinant de niaiserie que j’ai trouvée bien mignonne parmi les horreurs que me proposait Google Image (mon ami de toujours,  ou tout du moins jusqu’à ce que je me décide à faire mes propres photos).

Instants Divins

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Je suis Passion, lorsque vous vous étreignez avec l’énergie du désespoir.  Je vous réunis en une même émotion, pure et intense. J’ai le pouvoir de vous rendre le sourire et de vous faire pleurer de bonheur, à vous en faire oublier votre propre nom. Le cœur battant, les mains tremblantes, les yeux souvent clos, vous vous perdez en moi et souhaiteriez n’être qu’un.

Je suis Tendresse, en ces instants fragiles de réconfort que vous ne vous accordez pas assez souvent. Mais n’en déplaise à votre fierté, je suis là pour vous apaiser ; la douceur passagère de gestes délicats et mesurés. Consolation éphémère, je vous soulage de vos angoisses ; je guéris et rassure.

Je suis Quiétude, en cet instant exquis où vous vous lovez dans les bras l’un de l’autre, épuisés et sereins.

Je fais parfois peur, mais je suis si bien entouré. Amour, affection, baisers. Je fais l’unanimité, et ce depuis des millénaires. J’ai existé avant même que l’on me donne un nom.

Câlin.

Photo: Etreinte, sculpture par Mélanie Quentin

Réquisition Grippe A: le coup de gueule

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Je brise momentanément l’harmonie de ce petit monde encore assez clos qu’est Eowenn’s Dream pour participer à un débat d’actualité brûlant.

Je ne suis ni étudiante en médecine, ni médecin, ni infirmière, ni secrétaire médicale. Pas besoin de l’être pour avoir une opinion sur la réquisition en vue de servir la grande campagne de vaccination contre la grippe A. Pas d’erreur: je comprends bien qu’il s’agit d’une affaire de santé publique. Mais les conditions dans lesquelles cette réquisition est organisée sont, depuis le départ, scandaleuses.

  • Valérie Pécresse insulte l’intelligence des étudiants en médecine (et du reste des Français)

Le 26 novembre dernier, Valérie Pécresse annonce que les horaires des étudiants en médecine seront aménagés afin qu’ils puissent, eux aussi, participer à la campagne de vaccination. Admettons qu’ils n’aient que ça à faire (il est vrai que les étudiants en médecine sont réputés pour leur propension à la glandouillerie) et que leurs concours blancs et autres examens ne soient que d’une importance mineure (qui a besoin d’un diplôme en médecine, après tout?).

Mais là, le gouvernement les prend vraiment pour des cons. Car non content d’être employés, parfois à l’autre bout du département, en semaine, soirs, week-ends et jours fériés et ce, sans aucune rémunération (car il est de notoriété publique que les externes croulent sur l’or grâce à un salaire exorbitant d’au moins 200€ par mois en 4ème année, youpi), ces heureux élus s’entendent dire, et je cite Madame Pécresse, qu’ “ils ont une mission de service public à accomplir, c’est un bon test pour eux, c’est une bonne expérience professionnelle que de voir la gestion d’une crise sanitaire” (exemple source: Nouvel Obs, 26.11.09).

  • Un peu de logique, s’il vous plaît

Ayez au moins la décence de ne pas sortir d’excuses aussi lamentables. Crise sanitaire, je rigole bien. Premièrement, puisque c’est le cas, pourquoi ne pas faire participer les médecins généralistes? Ceux-ci en sont exclus et une partie de la profession s’insurge. L’excuse de Madame Bachelot: “un sondage publié le 21 septembre par le Quotidien du médecin révélait qu’un généraliste sur deux ne souhaitait pas vacciner” (exemple source: Le Monde, 03.12.09) ou encore que la vaccination “coûterait beaucoup plus cher en cabinet” (utilisons donc des étudiants, c’est gratuit). C’est vraiment étrange, parce que de nombreux autres pays européens ont fait appel à leurs médecins généralistes pour aider à la vaccination, et ça marche bien…

Deuxièmement, la grippe A fait dix fois moins de morts que la grippe dite saisonnière (ci-joint ce super lien très précis et complet sur les conséquences réelles de la grippe A et les risques du vaccin), alors comme crise sanitaire, on fait pire. Bref, passons, je ne veux pas aborder trop de polémiques à la fois.

  • A la limite de la campagne de désinformation

Je passe sur l’organisation désastreuse de la campagne de vaccination et autres témoignages d’erreurs commises lors du processus pour m’arrêter sur un dernier point qui m’a violemment choquée. Alors que certaines vaccinations sont commises à la limite de la légalité ou du danger sanitaire (personnel de santé non vacciné lui-même, c’est autorisé ou pas? beaucoup de brouillard autour de cette question…), voici comment les étudiants sont “invités” à participer à la campagne: le mail envoyé précise que le refus est passible d’amende et de peine de prison. Je m’insurge: mais personne ne réagit? Une étudiante répond: “si, mais ceux qui ont refusé de venir ont eu leur porte défoncée par les flics“. Ah.

Il suffit de faire un tour sur les forums des étudiants en médecine, médecins, infirmiers et autres personnels de santé pour se rendre compte de l’envers du décor. Certains ont vécu cette réquisition comme une véritable privation de leur liberté: d’expression, d’action, etc. Il y a également tellement de questions: légalement, qui est autorisé à vacciner ou non? Tout ce que j’entends, c’est “je vais essayer d’éviter d’y aller, pour pouvoir réviser mes concours / travailler à l’hôpital / ne pas rentrer super tard en RER D et me faire agresser, mais je ne sais pas quelles sont les conditions. On a le droit de vacciner si l’on est pas vacciné?”

Et moi, j’ai presque l’impression de me retrouver dans un roman d’Aldous Huxley ou Ray Bradbury. Ou un film avec Keanu Reeves. Flippant.

n.b., le 08.12.09: on apprend également que certains étudiants infirmiers seraient menacés de ne pas avoir leur diplôme s’ils refusent de participer à la campagne, cf. témoignage et débat très intéressant sur ce forum Doctissimo. Plus j’en lis, moins j’y crois, c’est l’hallucination totale.

Ci-joint aussi, un lien radical de Droit-Medical.com sur l’obligation du médecin ou infirmier réquisitionné à vacciner.

n.b., le 09.12.09: témoignage d’un interne réquisitionné, après trois jours passés dans un centre de vaccination: très intéressant.

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