Rien ne va plus, je vais bien

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 2 Comments »

Cher lecteur, rien ne va plus.

Si tu suis régulièrement mon Blog depuis quelques semaines, tu noteras qu’il s’y trouve de tout et de rien, et que son contenu est d’une cyclothymie désarmante. De l’analyse niaisouillette d’ Alice au très sérieux cours sur le Web 2.0 pompé sur mes recherches pré-thèse; des puits de désespoir épistolaires qui ont insufflé à de nombreuses amies des idées suicidaires rien que par leur lecture, aux envolées lyriques printanières dont le premier paragraphe suffirait à faire vomir Barney Stinson et autres gens bien. Bref.

J’ai commencé ce blog complètement à l’arrache et avec aucune idée de ce que j’allais y écrire (comme une grande partie d’entre nous, soyons honnêtes). Je ne voulais pas d’articles préfabriqués et pompés sur les actus du jour ; je ne voulais pas qu’y raconter ma vie (bon, finalement, un peu quand même), je voulais simplement écrire pour le plaisir d’écrire (et aussi, un peu, d’être lue, ne nous voilons pas la face).

En ce moment, ma vie se rapproche du grand n’importe quoi : tout se crée, rien ne se perd, tout se transforme, tout se mélange. Ca, c’est MA version de la conservation de la masse gluante – mais terriblement excitante – qu’est devenue mon existence depuis quelques mois. Anaxagore de Clazomènes et Lavoisier feront avec (oui, j’ai cherché sur Wikipédia). Vie privée, vie publique, perso et pro ; je jongle de tout cela avec enthousiasme, sans savoir où je vais ni ce que cela va devenir ; tout ce que je sais, c’est que ça fait peur, et que c’est une bien belle aventure.

Une multitude de lépidoptères se balade presque jour et nuit dans mon abdomen  (et autres saltos arrières, comme dirait Marion, mais ceci est une autre histoire); parfois je rêve, parfois je vis, souvent j’ai le cœur qui bat un peu trop fort. A une seconde donnée, je suis terrifiée de ne pas savoir où je serai et qui je serai ne serait-ce que dans un mois ; et celle d’après, je m’émerveille de cette abondance, cette indécente orgie d’opportunités, de rencontres, de futurs possibles, de choses à faire.

Et je rencontre des gens qui, eux aussi, sont paumés et sûrs d’eux à la fois ; savent ce qu’ils veulent dans la vie et ne savent pas ce qu’ils veulent pour la semaine prochaine. Parfois, pendant de longs mois, je me sens différente, décalée ; et bien là, cher lecteur, et c’est probablement l’ivresse printanière qui parle : peut-être que je dors mal, peut-être qu’hier je n’aurais pas dû fumer jusqu’à en avoir la nausée, et peut-être que je suis bientôt officiellement au chômage, mais ma vie roxx du couscous, comme dirait l’autre. Parce qu’il existe encore des gens biens dans le monde. Et tout plein d’autres trucs. Promis, je n’ai rien fumé d’illicite.

Bref, tout comme ce post, tout comme ma timeline Twitter, et tout comme ma vie en ce moment, ce blog est un joyeux bordel – mais bizarrement, ça marche toujours, et c’est de mieux en mieux ; alors tu sais quoi, je vais continuer.

Une grande bouffée de naturel

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 2 Comments »

Je n’ai trouvé que ce titre niais, caricatural et “marketeux” à deux balles pour tenter de décrire et exprimer la quintessence du moment d’émerveillement dont j’ai eu la chance de faire l’expérience ce week-end. Les moments d’émerveillement sont ces instants qui ne revêtent rien de spécial pour les personnes alentours, et impriment de leur unicité notre esprit embrumé par un quotidien parfois suffocant.

Ce week-end, mon moment d’émerveillement était une balade dans un marché près de Toulouse. C’est tout.

Ceux qui me connaissent savent que je suis de ces parisiens qui ne s’estiment vraiment heureux qu’à Paris – parce qu’à Paris, on a tout: le haut débit, la réception sans faille, des jobs dans tous les secteurs (sauf peut-être la cueillette de bananes), des magasins à tous coins de rue, etc. Je suis de ces parisiens qui paniquent à la moindre araignée et boudent le grand air. Je suis de ces parisiens qui se complaisent à macérer dans leur ville certes magique et mais aussi bruyante, polluée et artificielle.

Comme nous avons tort.

C’est toujours lorsque je redécouvre le grand air que je me rends compte à quel point il m’avait manqué (les tous premiers jours: ensuite je déprime, soyons clairs). Dimanche matin, j’ai redécouvert un vrai marché: pas un rassemblement de stands plus artificiels les uns que les autres écrasés les uns contre les autres sur le bitume du trottoir; proposant fraises insipides à 8,90€ le Kg et vêtements de mauvaise qualité, le tout recouvert d’un doux voile de pollution et gâté par le vacarme incessant des véhicules alentours.

Celui-ci était vrai. Je n’ai pas d’autre mot pour le décrire. Un tourbillon de sensations vives – couleurs éclatantes et fumets appétissants – m’accueillait en son sein. A mesure que je progressais sur le chemin terreux parsemé de cailloux, je redécouvrais de vrais produits: des fruits plus pastels mais odorants et des légumes de toutes formes – dont certaines bien étranges – car non traités. Que du naturel: confitures maison, miels de la région, pâtisseries. Les stands croulaient sous les produits régionaux: saucissons, magret, aiguillettes, foie gras… Je me suis arrêtée près d’un stand qui, contrairement aux commerçants parisiens et leur sempiternel poulet rôti, proposait des cuisses de canard confites; j’ai fermé les yeux et suis restée plantée là à humer d’irrésistibles fumets, non gâtés d’émissions de pots d’échappement. “Alors la d’moiselle, ça sent bon l’canard hein?” m’a lancé le jovial habitant local de son accent chantant.

Et j’ai répondu “oui” en souriant bêtement.

Premium Wordpress Theme | Premium WP Themes | Free Icons | wordpress theme
Dedicated Servers
Tweeter button Facebook button