10 conseils et techniques pour vaincre un projet interminable

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Un mémoire, un roman, un rapport, un dossier client, un site web… il vous pourrit la vie. La motivation initiale s’érode peu à peu, et ce qui était au départ un projet excitant est devenu votre pire cauchemar. Vous faites peut-être partie de ces personnes perfectionnistes qui, inconsciemment, refusent de se confronter à la réalité en reportant sans cesse l’échéance d’un projet (voir l’article de Psychologies à ce sujet). Et la pression monte, inexorablement.

Voici 10 petits conseils, une liste non exhaustive pour se sortir de la tourmente et combattre les baisses de motivation:

  1. Écrire un plan détaillé : pour avoir une vision claire de ce qui reste à faire, décomposer le bloc de travail en plusieurs sections assez courtes pour pouvoir les traiter au jour le jour.
  2. Avancer point par point : plutôt que de considérer le travail dans son ensemble au risque de se décourager (« Il y en a trop, je n’y arriverai jamais »), l’examiner point par point. Se concentrer sur une ou quelques sections par jour : aujourd’hui, je complète ça, ça et ça.
  3. Passer à autre chose si l’on bloque : si un paragraphe est insurmontable aujourd’hui, passer à un autre qui semble plus intéressant plutôt que d’être paralysé dessus et au final ne rien faire de sa journée.
  4. Illustrer visuellement sa progression : avoir le plan détaillé à portée de main et surligner les sections terminées au fur et à mesure de leur achèvement : « ça, c’est bouclé ».
  5. Travailler en équipe : se poser à deux dans une bibliothèque, loin des tentations bien connues (ranger tout son appartement, faire son repassage, manger toute la journée, regarder la télévision… toute excuse est bonne pour ne pas travailler).
  6. Se faire aider : souvent, on préfère ne pas en demander, de peur de décevoir en échouant malgré l’aide apportée. Les amis, la famille, c’est fait pour ça: demandez du soutien.
  7. Prendre des engagements auprès d’une figure d’autorité: directeur de thèse, maître de stage, membre de sa famille, supérieur hiérarchique, etc. Mais attention à ne pas transformer ces engagements en excuse de rébellion.:« Cet engagement me saoule, je ne vais pas le respecter ». A utiliser avec précaution, donc.
  8. Penser au temps et à l’énergie déjà fournis pour ce projet : ce serait dommage d’en rester là, non ?
  9. Penser au soulagement une fois le travail terminé… pouvoir enfin répondre à la question fatidique “Et alors, tu en es où?” sans ressentir d’envies suicidaires (ou meurtrières).
  10. Garder son objectif final en tête : avoir mon année, décrocher ce budget, obtenir cette promotion!

Allez courage ;-)

Toutes vos techniques personnelles sont bien entendu les bienvenues en commentaires !

Ne t’attache pas à moi

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 3 Comments »

Oui, cette phrase, tu l’as déjà entendue quelque part. Ou bien, dans un élan de quasi-mansuétude qui n’était en fait qu’un rôle que tu te donnais, tu l’as sortie à ta future victime, alors que vous conversiez à la terrasse d’un café, et que tu as perçu dans son regard les premières lueurs de l’affection.

Ne t’attache pas à moi, je ne suis pas quelqu’un de bien.

Je te comprends, tu sais. Moi aussi, je l’ai dite (et j’avais tort). Mais ton avertissement n’aura eu que l’effet inverse ; un message caché qui ne fera que resserrer les filets de ton emprise sur l’autre, qui se débattra peut-être quelques jours, mais c’est peine perdue. Pour peu que l’autre aime les défis, comme toi, ou encore se sente des vocations de Saint-Bernard et décide de sauver ton âme torturée des vices de l’autodestruction par non-attachement.

Quant à toi, tu ne murmures en réalité cette phrase qu’à toi-même. Tu te persuades, tu te rassures. Tu refuses l’intimité émotionnelle et lui préfères l’intimité physique, tellement plus confortable, tellement moins douloureuse. Tu as subi les affres de l’abandon par le passé, et après en avoir souffert, tu as pris la décision de ne plus jamais laisser qui que ce soit t’abandonner.

Je te comprends, tu sais. Moi aussi, j’ai pris un jour cette décision (et j’avais tort). Mais depuis, tu collectionnes les conquêtes amoureuses, les vocations ou les pays. Peut-être même les trois. Chaque fois que tu sens les faiblesses d’une inclination se faire sentir, dès que tu pourrais être heureux, tu prends peur. Et tu pars, avant d’être congédié, déçu, laissé pour compte.

Et tu maintiens le contrôle sur ta vie, à tout prix. Même au prix de ton bonheur. Je te comprends, tu sais. Moi aussi, je le fais. Même si nous avons tous deux tort.

Réflexions sur l’amour

J'aime, j'aime pas, Journal d'une Rêveuse 1 Comment »

Bon, disons-le clairement, la Communication et moi, c’est une passion dévastatrice parsemée de « Je t’aime, moi non plus ». Je m’abreuve de ce qui peut m’éclairer pertinemment sur le sujet (je parle des petites merveilles d’Eric Berne et autres génies ; et en aucun cas d’ouvrages obscurs écrits à la hâte par des inconnus en quête de notoriété facile).

Bref, je farfouillais dans mes étagères pour un peu d’inspiration, et j’ai retrouvé cet ouvrage Parle-moi… j’ai des choses à te dire, qui se veut guide d’une communication retrouvée entre deux êtres qui n’auraient plus rien à se dire ou se seraient rendus inaccessibles par le conflit. L’auteur, Jacques Salomé, psychosociologue et spécialiste du développement personnel, a quand même pas loin de 60 bouquins sur le sujet à son actif (c’est même Wikipedia qui le dit alors hein) et pas des pires, et demeure un ponte dans le domaine, alors je me suis dit que ça ne me ferait pas de mal de m’y replonger un chouilla. Premières impressions sur le vif.

Toute rencontre part d’un malentendu

Dès le départ, l’on se montre conforme à ce que l’on imagine être les attentes de l’autre à notre égard. D’autre part, nous aspirons à voir se refléter dans les yeux de l’autre ce que nous souhaiterions être. Malheureusement, ces « malentendus » font que la relation part sur une base de décalages entre la réalité perçue et les désirs inconscients de l’autre personne. Ces décalages peuvent être sources de stress, de peurs… Une personne peut se frustrer en imaginant devoir agir d’une certaine manière, lorsque l’autre n’a absolument rien exprimé de tel.

Ainsi, on peut également rechercher en l’autre un aspect choisi pour soulager une mauvaise représentation de soi-même, afin d’en retirer un bénéfice négatif : une qualité qui nous manque, et que nous jalousons, ou à l’inverse, un défaut personnel que l’on déteste.

Enfin, sous la pression d’un contexte culturel occidental où la représentation du sentiment amoureux est un fantasme paradisiaque, nous nous attendons à ce que l’autre nous comprenne instinctivement, sans avoir à lui expliquer quoi que ce soit.

En d’autres termes, l’âme sœur est un réparateur de ce qui nous a manqué dans notre propre passé. Ainsi, l’amour n’est pas que fusion et bonheur, mais également souffrance liée au deuil de la relation telle qu’on se la représentait.

Critères de complémentarité et conflits

Jacques Salomé affirme que les choix amoureux se déterminent selon des désirs conscients, mais aussi des pulsions inconscientes. Celles-ci sont les reflets d’images parentales ou d’un besoin narcissique de voir se réaliser en l’autre une partie de soi-même. En cas de coup de foudre, ce raisonnement viendrait-il par la suite, renforçant et justifiant un choix impulsif effectué par instinct ?

Ainsi, les affinités s’établiraient en fonction des désirs, manques et craintes: par exemple, une personne éprouvant un fort sentiment d’insécurité se tournerait instinctivement vers quelqu’un de sécurisant. Les mythes personnels structurent la nature de la relation, et paradoxalement, l’on peut rechercher un partenaire qui représente l’idéal de soi que l’on ne s’imagine jamais capable d’atteindre. Pourtant, ces idéaux inaccessibles et désirs inconscients renforcent des scénarios qui se répètent à l’infini…

Exemple (extrême, bien connu, et simplifié) : une femme fragile, battue dans son enfance, risque bien souvent de choisir des partenaires représentant l’idéal d’une personne mentalement forte (peut-être même capable de tenir tête à ce père violent), qui au final finira par la maltraiter à son tour.

D’autres choix se font sous couvert de désir œdipien : une recherche des qualités du père ou de la mère, ou encore, à l’inverse, un besoin de fuir ces figures parentales.

Ainsi, un homme ayant souffert d’une mère trop rigide tombera amoureux d’une femme qui lui apportera la fantaisie à laquelle il n’aura jamais eu droit. Toutefois, cette fantaisie à laquelle il a été habitué à résister toute sa vie finira par devenir un facteur plus anxiogène que libérateur.

A la suite des premières semaines ou premiers mois amoureux, fusionnels, passionnés, durant lesquels la critique de l’autre est totalement inhibée dans une idéalisation quasi sans limites, ces malentendus finissent par se révéler. Et les conflits commencent à apparaître, avec de nombreuses options à la clé : séparation, éloignement (avec concentration sur des activités extérieures ou des aventures), jeux psychologiques (cf. Eric Berne, Games People Play)… ou renouveau de la relation.

La crise est finalement dépeinte comme un élément bénéfique permettant de transformer la relation, de lui donner un nouveau souffle, la rendre plus authentique.

Bon allez, j’en ai assez lu

(Enfin non, il y a de grandes chances que je termine ce livre parce qu’il est diablement intéressant tout de même)

Mais mon Dieu, stop aux analyses froides, aux sentiments décortiqués comme de simples résidus de nos névroses infantiles. Place à la passion, que diable. Place aux sentiments spontanés, exaltants, presque douloureux tel est puissant le manque engendré par l’absence de l’être aimé. Quinze minutes de lecture m’ont suffit à ne plus vouloir réfléchir ; je refuse d’analyser quoique ce soit. Je veux vivre et ressentir sans peur, je veux me laisser submerger par les émotions à en pleurer de bonheur. Je veux dire et entendre « Je t’aime » sans me demander ce que ces mots signifient réellement et simplement croire à ce qu’ils sont. Avec la naïveté et la fougue de l’adolescence.

« C’est une faim, un violent désir mais, en même temps, l’élan, l’héroïsme et l’oubli de soi. […] c’est une folie divine ». F. Alberoni

Non mais ho, hein. Et pour la peine, je vous illustre tout ceci avec une image dégoulinant de niaiserie que j’ai trouvée bien mignonne parmi les horreurs que me proposait Google Image (mon ami de toujours,  ou tout du moins jusqu’à ce que je me décide à faire mes propres photos).

Harcèlement moral: violences insoupçonnées

Trucs utiles, Veille et analyse No Comments »

Le harcèlement moral en famille sera enfin considéré comme un délit, nous explique Le Pays. Un colloque sur les violences psychologiques au sein de la famille s’est tenu vendredi dernier à Strasbourg, sous l’initiative de l’Avip (Aide aux victimes de violences psychologiques et de harcèlement moral dans la vie privée ou professionnelle). Outre les violences physiques dont le paysage légal est assez bien défini, les violences psychologiques sont également importantes et, par opposition, très peu répertoriées dans la loi.

Que dit la loi à ce jour ?

Depuis le 17 janvier 2002, le harcèlement moral est entré dans le code pénal et le code du travail.  Ainsi, il est défini comme des “agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié, à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel” (article L122-49 du Code du travail).

A vrai dire, le problème est traité lorsqu’il s’agit de harcèlement dans le cadre du travail mais peu reconnu dans celui de la sphère privée. Certes, le Code Pénal précise que “Le fait de harceler autrui peut être puni d’ 1 an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. » (Article 222-33-2), mais il est plus difficile pour une personne de reconnaître et prouver qu’elle subit des violences psychologiques de la part d’un de ses proches que de son patron ou un collègue.

Le processus de harcèlement moral

Dans sa forme la plus simple, le processus comprend deux acteurs : le manipulateur, ou pervers narcissique, et sa victime.

Marie France Hirigoyen, dans son ouvrage “Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien“, en donne la définition suivante : « Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et leurs contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. […] Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens d’autrui. Le pervers narcissique est souvent un séducteur. »

Les véritables agressions psychologiques se font en privé et généralement sans témoins. Si témoins il y a, ils ne se rendront pas compte de ce qui se passe devant leurs yeux car les attaques se font à petites doses insignifiantes, mais de manière régulière : « sous-entendus humiliants, humour sarcastique, faux-semblants de civilité, de brimades à répétition, agressions non verbales (gestes, regards méprisants, soupirs). Ses propos, ses reproches sont souvent si flous qu’ils laissent la place à toutes les interprétations possibles ». Ainsi, ce n’est pas individuellement mais dans leur ensemble que ces actions revêtent toute leur importance. En outre, le harceleur utilise ses capacités d’adaptation et son charme afin de gagner l’approbation tacite du reste de son auditoire. En privé, le harceleur se « lâche » et se permet de menacer son souffre-douleur de manière claire, la rendant impuissante et apeurée.

La victime, de son côté, se retrouve isolée du reste du groupe, et, culpabilisée par son agresseur qui lui attribue tous les torts, en proie à la plus grande confusion. Le moindre acte de rebellion de sa part donne lieu à des accusations sur son comportement inadmissible. « La victime-type étant précisément celle qu’on imagine forte, par sa volonté et parfois son acharnement à essayer de s’en sortir seule. Il s’agit souvent d’une personne sûre d’elle, perfectionniste, entière, et qui ne pense pas que ce type de manipulation puisse exister. Son bourreau la veut ainsi, car la lutte doit être à la hauteur de ses ambitions et qu’il ne supporte pas le bonheur ou la réussite d’autrui. » Elle appellera rarement à l’aide, et très souvent, sa souffrance sera sous-estimée par ses proches si jamais elle se décide à le faire : « tu es parano », « ce n’est rien », « tu interprètes », etc. Ces réactions renforcent ainsi le scénario dans son ensemble ; les sentiments de culpabilité, d’incompréhension et d’injustice deviennent insupportables alors que la personne perd toute estime d’elle-même.

Que faire ?

La situation n’est pas à prendre à la légère : un « simple » harcèlement moral, non content de détruire une personne psychiquement, peut parfois se transformer en agression sexuelle, physique, et même mettre une vie en danger.

Dans le cadre du travail, c’est un cas qui peut se porter devant les Prud’hommes et la médiation. Mais dans la sphère privée, il est également impératif de rompre le silence provoqué par le sentiment de culpabilité et la volonté de s’en sortir seul. Si les proches ne semblent réaliser la réelle teneur de ce qui se trame devant leurs yeux (et derrière leur dos), il est possible de s’adresser par exemple à un coach ou un thérapeute qui saura aborder le problème avec objectivité.

Sources et témoignages

LePays.fr, “Le harcèlement moral en famille va être reconnu dans la loi”, publié le 10/06/2010, consulté le 10/06/2010

Bulletin Officiel sur le harcèlement moral au travail

Harcèlement Moral, le site officiel de Marie France Hirigoyen

La Maison du Soleil, “Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien”

Doctissimo, Dossier Harcèlement Moral, “Harcèlement moral: que dit la loi?”

Doctissimo, Dossier Harcèlement Moral, “Reconnaître un harceleur moral”

Le harcèlement moral dans la vie privée

Stop à toutes formes de harcèlement

Forum AuFéminin: témoignages

Forum Doctissimo: témoignages

Photo: Fear Of The Dark par Mathieu Moindron

Je est un Autre : l’enfer, c’est moi-même

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Il y a en moi un fragment de l’Autre. Mon existence est un combat sans merci dont l’issue est le contrôle de moi-même. Tour à tour, nous nous partageons une vie morcelée, constituée de mes actions, comme des siennes. Je me bats pour obtenir quelques semaines, quelques jours, quelques secondes d’un sursis dont je ne connais jamais le terme. Un répit qui me permet de construire, de réussir, de me sentir vivante.

L’Autre m’entraîne vers l’obscurité. Il m’emprisonne d’une léthargie destructrice et m’éloigne de tout ce qui m’est cher. Patiemment, avec difficulté, je crée des liens ; l’Autre les détruit en aussi peu de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il me murmure des pensées empoisonnées dont le fiel infecte mon âme de méfiance, de rancœur, de lassitude. J’abandonne ce que j’aime avant d’être abandonnée, je lâche prise ; je dérive.

Et je me retrouve seule avec l’Autre, seule avec moi-même.

L’Autre hante mes rêves et les sature d’angoisses qui transpirent de mon être à chaque réveil. L’aube est une lutte pour reprendre l’avantage et réparer les ravages de l’obscurité.

Et je vaincs l’Autre, irrémédiablement.

Un nouveau jour commence. Il est temps de tout reconstruire, jusqu’à la prochaine fois.

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