Silences – Crépuscule

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Crépuscule

Le crépuscule meurt dans ses derniers rubans
De nuages brûlants, silencieux et sombres,
Et plongeant le jardin dans la douce pénombre
De Juillet qui s’exhale en parfums enivrants.

Insensible aux rumeurs éloignées de liesse,
Assis dans l’herbe folle, un couple de rêveurs
Se perd aux griseries d’un insouciant bonheur,
Ivres de sentiments d’une infinie tendresse.

Sans qu’un baiser volé, tourment délicieux,
Ne trouble leur échange si mystérieux,
Là, dans l’ombre feutrée, leurs âmes se murmurent,

Et tout comme une jeune rose se dévoile,
Eclot, sous le regard des naissantes étoiles,
La fragile passion des deux amants futurs.

Rêvé le 07.07.07. Ecrit le 29.08.07. Recyclé le 07.07.10. Gravé à jamais.

Ciel de crépuscule par Bruno Monginoux

Instants Divins

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Je suis Passion, lorsque vous vous étreignez avec l’énergie du désespoir.  Je vous réunis en une même émotion, pure et intense. J’ai le pouvoir de vous rendre le sourire et de vous faire pleurer de bonheur, à vous en faire oublier votre propre nom. Le cœur battant, les mains tremblantes, les yeux souvent clos, vous vous perdez en moi et souhaiteriez n’être qu’un.

Je suis Tendresse, en ces instants fragiles de réconfort que vous ne vous accordez pas assez souvent. Mais n’en déplaise à votre fierté, je suis là pour vous apaiser ; la douceur passagère de gestes délicats et mesurés. Consolation éphémère, je vous soulage de vos angoisses ; je guéris et rassure.

Je suis Quiétude, en cet instant exquis où vous vous lovez dans les bras l’un de l’autre, épuisés et sereins.

Je fais parfois peur, mais je suis si bien entouré. Amour, affection, baisers. Je fais l’unanimité, et ce depuis des millénaires. J’ai existé avant même que l’on me donne un nom.

Câlin.

Photo: Etreinte, sculpture par Mélanie Quentin

Pure Bliss

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Le tintement facétieux d’un clocher tout proche la tire d’un sommeil paisible. Elle ne sait plus si s’agissait de rêves ou de cauchemars ; mais qu’importe : de dernières bribes de fantaisies oniriques se dissipent, chassées par une douce et sobre réalité. Ses yeux demeurent fermés, alors que les derniers carillons retombent ; et le silence s’installe à nouveau dans le havre de sérénité qu’est devenue cette petite chambre déjà si familière.

Lovée dans le confort d’un oreiller unique partagé à deux, elle s’imprègne en une inspiration voluptueuse de tout ce que ce délicieux réveil offre à ses sens. Son corps encore engourdi frémit imperceptiblement contre celui de son gardien nocturne, qui resserre son étreinte protectrice dans un réflexe encore ensommeillé. Elle qui ne jurait que par l’espace nécessaire à la qualité de son sommeil a encore dormi dans ses bras, toute la nuit, sans interruption. Une infime fragrance de miel s’échappe de la peau de son amoureux lorsqu’elle lui effleure le bras du bout des lèvres.

Apaisante, une caresse de fraîcheur s’échappe de ce qu’elle devine être la fenêtre entrebâillée, à travers le léger tissu cuivré qui n’offre qu’un pâle écran à la lumière matinale. Elle ouvre lentement les yeux, éblouie par les rayons lumineux filtrant à travers le verre, et au sein desquels dansent des myriades de parcelles de poussière dorée.

Le temps s’est figé en un instant de perfection.

Picture by Mélanie

Latente

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Latente, une sourde et douce agonie. Elle gronde et se débat tel un animal sauvage, prisonnière de mon calme apparent. Je la tempère, je la raisonne, mais peu à peu, ses griffes injectent un poison insidieux dans mes veines. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde est un combat contre mes propres démons, qui profitent de cette faiblesse pour refaire surface et nourrir la bête d’incessants questionnements et insatiables inquiétudes.

Toute mon énergie est consacrée à la faire taire; ma raison affaiblie et fascinée faillit à accomplir ce qu’elle me garantissait pourtant si facilement. Je suis paralysée, oisive; je tourne en rond, je fais les cent pas, je me couche, je me lève, je me rassois; le repos de l’âme et des sens m’est interdit. Résolue, je commence des tâches inachevées avant même d’avoir été initiées.

L’insupportable douceur de souvenirs devenus lointains déjà me hante, à portée de main mais inaccessibles, tel un délicieux supplice de Tantale. Il me semble que le néant qui m’habite ne sera comblé qu’au terme de cette attente.

L’attente.

Je t’attends.

Paris est merveilleuse en Avril

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Mes matins sont baignés de lumière dorée. Au réveil, un rayon malicieux s’est glissé entre les rideaux, illuminant un pan de ma chambre de poussière scintillante, tiédissant mes draps. Le chat, encore tout assoupi et le pelage fleurant bon le printemps, grimpe paresseusement sur le lit, s’étend tout près de moi et cligne doucement des yeux, affichant un sourire de félin satisfait.

Paris est merveilleuse en Avril. L’on est censé ne pas se découvrir d’un fil, mais moi, je me laisse aller bêtement à ce phénomène général qui fait que nous nous dévêtons au moindre rayon de soleil, avides de chaleur que nous sommes. La capitale se recouvre peu à peu d’une parure verdoyante et de flore multicolore. Nous nous promenons le long d’une Seine chatoyante, sous un Montmartre immaculé, ou encore dans l’ombre douce des arbres du Jardin du Luxembourg. Nous sortons de cette léthargie hivernale qui nous a paralysés des mois durant, et nous surprenons à sourire aux passants dans la rue.

Avril est le commencement de ces trois mois les plus heureux de l’année. Je ne saurais l’expliquer. Souvent, les yeux fermés, je laisse une chaleur apaisante caresser mon visage. Souvent, je chante sans raison. Souvent, j’ai le cœur délicieusement serré et l’âme rêveuse. Ces jours-là, je suis vivante.

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