La séduction est une partie d’échecs

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 9 Comments »

Je ne sais plus rien.

J’ai eu la chance de connaître le vrai coup de foudre – cet ouragan de sentiments qui vous transporte en une parole, un regard, un contact. Cette énergie qui vous pousse à l’embrasser sur la joue au moment opportun et qu’il sache que c’était bien plus ; c’était une folie, un rêve, un instant perdu. Je savais que c’était lui que je voulais et aucun autre ; que lui seul m’offrirait un nouveau départ ; et lui savait qu’il me choisirait. La distance, le regard des autres, nos différences : tout cela était sans importance, car nous nous étions aimés dès le début, sans conditions. Et en un sens, tout était facile.

Pourquoi l’as-tu quitté alors, me demanderez-vous fort justement, et je ne répondrai qu’en citant ces quelques lignes qui me font pleurer chaque fois que je regarde ce passage de Kill Bill :

Beatrix : I don’t know.

Beatrix : Because I’m…

Beatrix : …a bad person.

Bill : No.

Bill : You’re not a bad person.

Bill : You’re a terrific person.

Bill : You’re my favorite person.

Bill : But every once in a while…

Bill : …you can be a real cunt.

Donc. L’un des problèmes – et avantages – à cocooner confortablement dans une relation de trois ans est l’oubli d’un fait capital : dehors, c’est la jungle. Vous comprenez, lorsque tout est facile, naturel ; lorsque l’on se comprend sans se parler et que l’on connaît les attentes de l’autre sans même y penser, on s’y habitue.

Je savais que ce retour à la jungle après des années de comportement civilisé serait ardu. En réalité, c’est moins difficile que prévu. Je me fonds dans le paysage. Le seul problème, c’est que sa complexité me surprend de jour en jour. Tout n’est que séduction, jeux, non-dits, trop-dits. J’ai tellement changé, en trois ans. Je me cherche dans ce nouvel environnement ; c’est un véritable amusement dont les enjeux sont multiples (liberté, valeurs morales, sentiments, intégrité, réputation, etc.).

Pardonnez-moi donc mes indécisions, mes comportements, mes sourires, mes regards, mes écrits. Je veux tout et son contraire ; je ne sais pas qui, ni quoi; je me détourne de la facilité et ne désire réellement que ce qui me résiste. Je me nourris de ce challenge, je me languis, je m’amuse, je me freine, je teste nos limites. J’avance mes pions ; je protège ma reine. Je vous laisserai peut-être me voler quelques pièces, mais tout ne sera que stratégie, car en fin de compte, je gagnerai.

Laissez-moi juste le temps de tout réapprendre, et je serai à vous ; sans jeux, ni artifices.

L’Effet Troy aka le paradoxe du salaud

Dear Diary, Journal d'une Rêveuse 11 Comments »

Cher Toi qui me lis, je vais encore te raconter ma vie. C’est que tu ne m’as jamais vue ni lue au lendemain d’une rupture sévère (hormis quelques malchanceux qui ont eu ce privilège lors des dernières 48 heures). Il existe chez moi deux réactions-types:

Scénario A : je reste en pyjama toute la journée (breakup look oblige) en regardant des séries et en m’empiffrant de chips, rillettes, fromage, chocolat et autres mets aussi nocifs que possible. L’œil vitreux, je ne réponds pas au téléphone, je ne souhaite voir personne, je sèche les cours et je me déplace avec la lenteur d’un ver de terre paraplégique (si si, c’est possible). Appelons cela l’Etat Rêveur.

Scénario B : survoltée, je vis au rythme permanent de musiques du style « Sexy Bitch », danse comme une hystérique dans mon appartement et adopte ce que j’aime à appeler « Comportements déraisonnables, dépenses immodérées ».  Je décide que je vais leur montrer de quoi je suis capable (à qui, on ne sait pas), enchaîne avec un abonnement UV (très mauvais mais tellement bon), une séance coiffeur (avec bonus frissons lorsqu’il fait le fameux shampoing massant) et claque l’autre moitié de mon salaire chez Marionnaud / New Look / le tatoueur du coin (au choix, ou les trois à la suite). Puis, je sors, je bois, je fume et je drague, le tout sans conséquences puisque je me fous de tout. J’ai décidé de nommer cela l’Effet Troy, parce que ça fait classe.

Cher Toi, ton intuition était juste, ce nom est un hommage à Christian Troy, personnage de la série Nip/Tuck, caricature de lui-même, amateur de voitures de sport, et indécemment narcissique. Il s’habille en costume de marque de jour comme de nuit, porte des lunettes de soleil de jour comme de nuit, et surtout, est un salaud sans scrupule avec les femmes. On l’adore, on le déteste, c’est notre idole et tout ce que l’on ne voudrait pas devenir, bref, c’est le problème, avec ces hommes-là: on s’y attache.

Tout stress de manière générale est susceptible de me plonger dans l’Etat Rêveur. Si tu ne sais pas cela de moi, tu ne me connais pas. Mais une rupture douloureuse va me faire osciller tour à tour entre l’Etat Rêveur et l’Effet Troy. Parfois des mois durant. Et cette fois-ci n’a pas été une exception. Comme je te le disais il y a deux jours, j’ai succombé au breakup look. Puis hier, j’ai cédé aux tentations de l’Effet Troy, encore plus rapidement que d’habitude. Ça a été foudroyant (tant pour mon compte en banque que pour mes cellules cérébrales). J’ai même besoin d’avoir des personnes qui sont dans ce même état d’esprit dans mon entourage. Question de survie émotionnelle.

Le seul problème, c’est que Christian Troy est l’antihéros le plus malheureux que je connaisse. Il est l’incarnation même du paradoxe du salaud, et tu risques  gros si tu choisis cette voie. Tu es la classe incarnée en société ? Certes. Les regards se retournent sur ton passage dans la rue ? C’est vrai. Et tu te sens surpuissant, protégé par une carapace de mépris et d’égoïsme. Mais au final, tu finis par rentrer chez toi, et c’est à ce moment précis qu’une solitude oppressante te rappelle pourquoi tu as besoin de te sentir vivant. Parce qu’au fond de toi, tu es très malheureux.

Pour moi, il n’existe que deux remèdes à une rupture. L’Effet Troy n’en fait pas partie, même si je vais me  laisser prendre au jeu aussi longtemps que j’en aurai besoin. Les deux véritables remèdes sont le temps, et les amis.

Premium Wordpress Theme | Premium WP Themes | Free Icons | wordpress theme
Dedicated Servers
Tweeter button Facebook button