Le tintement facétieux d’un clocher tout proche la tire d’un sommeil paisible. Elle ne sait plus si s’agissait de rêves ou de cauchemars ; mais qu’importe : de dernières bribes de fantaisies oniriques se dissipent, chassées par une douce et sobre réalité. Ses yeux demeurent fermés, alors que les derniers carillons retombent ; et le silence s’installe à nouveau dans le havre de sérénité qu’est devenue cette petite chambre déjà si familière.
Lovée dans le confort d’un oreiller unique partagé à deux, elle s’imprègne en une inspiration voluptueuse de tout ce que ce délicieux réveil offre à ses sens. Son corps encore engourdi frémit imperceptiblement contre celui de son gardien nocturne, qui resserre son étreinte protectrice dans un réflexe encore ensommeillé. Elle qui ne jurait que par l’espace nécessaire à la qualité de son sommeil a encore dormi dans ses bras, toute la nuit, sans interruption. Une infime fragrance de miel s’échappe de la peau de son amoureux lorsqu’elle lui effleure le bras du bout des lèvres.
Apaisante, une caresse de fraîcheur s’échappe de ce qu’elle devine être la fenêtre entrebâillée, à travers le léger tissu cuivré qui n’offre qu’un pâle écran à la lumière matinale. Elle ouvre lentement les yeux, éblouie par les rayons lumineux filtrant à travers le verre, et au sein desquels dansent des myriades de parcelles de poussière dorée.
Le temps s’est figé en un instant de perfection.
Picture by Mélanie

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