Pure Bliss

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Le tintement facétieux d’un clocher tout proche la tire d’un sommeil paisible. Elle ne sait plus si s’agissait de rêves ou de cauchemars ; mais qu’importe : de dernières bribes de fantaisies oniriques se dissipent, chassées par une douce et sobre réalité. Ses yeux demeurent fermés, alors que les derniers carillons retombent ; et le silence s’installe à nouveau dans le havre de sérénité qu’est devenue cette petite chambre déjà si familière.

Lovée dans le confort d’un oreiller unique partagé à deux, elle s’imprègne en une inspiration voluptueuse de tout ce que ce délicieux réveil offre à ses sens. Son corps encore engourdi frémit imperceptiblement contre celui de son gardien nocturne, qui resserre son étreinte protectrice dans un réflexe encore ensommeillé. Elle qui ne jurait que par l’espace nécessaire à la qualité de son sommeil a encore dormi dans ses bras, toute la nuit, sans interruption. Une infime fragrance de miel s’échappe de la peau de son amoureux lorsqu’elle lui effleure le bras du bout des lèvres.

Apaisante, une caresse de fraîcheur s’échappe de ce qu’elle devine être la fenêtre entrebâillée, à travers le léger tissu cuivré qui n’offre qu’un pâle écran à la lumière matinale. Elle ouvre lentement les yeux, éblouie par les rayons lumineux filtrant à travers le verre, et au sein desquels dansent des myriades de parcelles de poussière dorée.

Le temps s’est figé en un instant de perfection.

Picture by Mélanie

Paris est merveilleuse en Avril

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Mes matins sont baignés de lumière dorée. Au réveil, un rayon malicieux s’est glissé entre les rideaux, illuminant un pan de ma chambre de poussière scintillante, tiédissant mes draps. Le chat, encore tout assoupi et le pelage fleurant bon le printemps, grimpe paresseusement sur le lit, s’étend tout près de moi et cligne doucement des yeux, affichant un sourire de félin satisfait.

Paris est merveilleuse en Avril. L’on est censé ne pas se découvrir d’un fil, mais moi, je me laisse aller bêtement à ce phénomène général qui fait que nous nous dévêtons au moindre rayon de soleil, avides de chaleur que nous sommes. La capitale se recouvre peu à peu d’une parure verdoyante et de flore multicolore. Nous nous promenons le long d’une Seine chatoyante, sous un Montmartre immaculé, ou encore dans l’ombre douce des arbres du Jardin du Luxembourg. Nous sortons de cette léthargie hivernale qui nous a paralysés des mois durant, et nous surprenons à sourire aux passants dans la rue.

Avril est le commencement de ces trois mois les plus heureux de l’année. Je ne saurais l’expliquer. Souvent, les yeux fermés, je laisse une chaleur apaisante caresser mon visage. Souvent, je chante sans raison. Souvent, j’ai le cœur délicieusement serré et l’âme rêveuse. Ces jours-là, je suis vivante.

Une grande bouffée de naturel

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Je n’ai trouvé que ce titre niais, caricatural et “marketeux” à deux balles pour tenter de décrire et exprimer la quintessence du moment d’émerveillement dont j’ai eu la chance de faire l’expérience ce week-end. Les moments d’émerveillement sont ces instants qui ne revêtent rien de spécial pour les personnes alentours, et impriment de leur unicité notre esprit embrumé par un quotidien parfois suffocant.

Ce week-end, mon moment d’émerveillement était une balade dans un marché près de Toulouse. C’est tout.

Ceux qui me connaissent savent que je suis de ces parisiens qui ne s’estiment vraiment heureux qu’à Paris – parce qu’à Paris, on a tout: le haut débit, la réception sans faille, des jobs dans tous les secteurs (sauf peut-être la cueillette de bananes), des magasins à tous coins de rue, etc. Je suis de ces parisiens qui paniquent à la moindre araignée et boudent le grand air. Je suis de ces parisiens qui se complaisent à macérer dans leur ville certes magique et mais aussi bruyante, polluée et artificielle.

Comme nous avons tort.

C’est toujours lorsque je redécouvre le grand air que je me rends compte à quel point il m’avait manqué (les tous premiers jours: ensuite je déprime, soyons clairs). Dimanche matin, j’ai redécouvert un vrai marché: pas un rassemblement de stands plus artificiels les uns que les autres écrasés les uns contre les autres sur le bitume du trottoir; proposant fraises insipides à 8,90€ le Kg et vêtements de mauvaise qualité, le tout recouvert d’un doux voile de pollution et gâté par le vacarme incessant des véhicules alentours.

Celui-ci était vrai. Je n’ai pas d’autre mot pour le décrire. Un tourbillon de sensations vives – couleurs éclatantes et fumets appétissants – m’accueillait en son sein. A mesure que je progressais sur le chemin terreux parsemé de cailloux, je redécouvrais de vrais produits: des fruits plus pastels mais odorants et des légumes de toutes formes – dont certaines bien étranges – car non traités. Que du naturel: confitures maison, miels de la région, pâtisseries. Les stands croulaient sous les produits régionaux: saucissons, magret, aiguillettes, foie gras… Je me suis arrêtée près d’un stand qui, contrairement aux commerçants parisiens et leur sempiternel poulet rôti, proposait des cuisses de canard confites; j’ai fermé les yeux et suis restée plantée là à humer d’irrésistibles fumets, non gâtés d’émissions de pots d’échappement. “Alors la d’moiselle, ça sent bon l’canard hein?” m’a lancé le jovial habitant local de son accent chantant.

Et j’ai répondu “oui” en souriant bêtement.

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