Facebook au temps des dinosaures

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Quand Envoyé Spécial nous fait la rediff’ jeudi dernier de l’émission Planète Facebook, vieille d’il y a plus d’un an, c’est bien là le signe qu’ils se sont contentés de vaguement suivre l’actualité de ces derniers mois sans l’analyser (le méchant Facebook nous vole notre vie privée) et d’offrir au téléspectateur moyen ce qu’il avait envie ou peur d’entendre: “Facebook ça effraie, Facebook pervertit vos enfants, Facebook c’est le maaaal”.

Certes, il y a nombres de polémiques relatives à la préservation de la vie privée sur Facebook, et je suis de ceux/celles qui s’y intéressent de près: applications intrusives, tags gênants, etc., autant de raisons d’être prudent et de bien régler ses paramètres de confidentialité. Depuis quelques jours, Google indexe même le contenu Facebook sur ses pages à présent, et l’on s’y retrouvera donc si l’on a choisi de rendre son profil public.

Cependant, la vision offerte par Envoyé Spécial était ridiculement désuète – pour commencer, on ne rediffuse pas une émission qui a plusieurs mois lorsqu’il s’agit de réseaux sociaux, étant donné la modification vertigineuse du paysage 2.0. Je l’ai tout de même regardée jusqu’au bout, espérant qu’ils nous feraient une belle mise à jour en fin d’émission – pour finalement entendre que le nombre d’adhérents était passé de 150 millions à 400 millions. C’est tout. Déception ultime.

Le reportage, caricatural, met en scène tour à tour un Mark Zuckerberg – “le plus célèbre des GEEKS” – mal à l’aise face aux caméras, quelques utilisateurs inquiets, un jeune au chômage accro au site, et notamment deux adolescentes complètement immatures: “la drague – Facebook c’est quand même à la base pour ça hein” (ahhh Harvard, le royaume des chauds lapins).

Sans oublier le sempiternel “Faut-il avoir peur de Facebook”, accompagné d’images à la Big Brother de gens accros à Facebook ou de personnes naïves répondant aux questions intimes posées par le site (“opinions politiques” “religion” “orientations sexuelles”) – “Facebook veut tout savoir”. La culture de la paranoïa, comme dirait Tim. Vos enfants postent des photos d’eux et acceptent des invitations d’étrangers pour être leur “ami”.

Même si France Télévisions voulait un reportage racoleur, ils auraient pu au moins chercher dans l’actu récente qui regorge d’anecdotes de ce type: chantage, suicide, prisonniers en cavale (ou pas), insultes, élèves sanctionnés, vie sauvées… Quid de la déclaration récente de Mark Zuckerberg qui abolit la notion même de vie privée? de la communication des entreprises ou des grandes causes sur Facebook qui offre de nouvelles perspectives et permet de toucher des cibles différentes? ça, ça valait peut-être le coup d’en parler. Mais non, on nous emmène à Blaireauland.

Peter Horrocks, le nouveau patron de BBC Global News, estime que les journalistes se doivent de savoir utiliser les réseaux sociaux pour se renseigner; et LCI nous diffusait un reportage assez objectif sur Chatroulette – un service bien plus controversif que Facebook, datant en gros de décembre 2009 – il y a 3 semaines déjà. Mais d’autres se complaisent dans le modèle dinosaure. Nous ne sommes plus dans les années 2000, les JT des chaînes nationales sont de plus en plus critiqués pour leur manque d’ouverture à certains sujets d’information, mais la leçon n’est pas encore suffisante pour France Télévisions qui nous ramène à l’ère Mézozoïque. Le reportage avait peut-être (et encore) une légitimité il y a un an, mais maintenant plus du tout.

Le reportage Planète Facebook a fait un gros tôlé sur Twitter où les twittonautes l’ont défini comme un désastre et appréhendent quelque peu l’émission du 4 mars “La révolution Twitter“: j’espère ne pas avoir droit aux témoignages du style “alors là tu vois je vais aux toilettes, je vais le tweeter à mes followers“, et que l’émission saura creuser un peu plus loin.

Impressions: The Big Bang Theory

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Une blonde. Quatre geeks. Il n’en fallait pas plus pour inventer une des séries les plus hilarantes de tous les temps. The Big Bang Theory est un festival de geekeries, de quiproquos, de situations ridicules, de romance foireuse, de répliques mythiques. Mini-présentation des personnages:

Leonard: geek, personnage principal de la série, relativement sociable, un QI de 173, et amoureux de sa nouvelle voisine Penny.

Penny: Ok, here you go Leonard. One tequila sunrise!
Leonard: Thank you! You know, this drink is a wonderful example of how liquids with
different specific gravities interact in a cylindrical container!

Sheldon: geek obsessionnel, coloc’ de Léonard, complètement barré, génie qui est allé à l’université à l’âge de 11 ans, carrément maniaque et répond à toutes les questions au premier degré (non sérieusement, ce dernier détail donne lieu à des conversations absolument géniales).

Leonard: For God’s sake, Sheldon, do I have to hold up a sarcasm sign every time I open my mouth?
Sheldon (intrigued): You have a sarcasm sign?

Howard: geek obsédé, vit encore chez sa mère.

Rajesh: geek indien, incapable de parler à une femme sauf en état d’ébriété.

Penny: blonde, blonde, blonde.

On peut même y rajouter Leslie, geekette scientifique et stoïque au sens de la répartie acerbe.

Leslie: Boy, your heart’s racing. I must’ve really gotten you going.
Wolowitz: Well, it’s partly you, partly my transient idiopathic arrhythmia.

Leslie: Sexy.

Bref, une série excellente destinée au geek qui sommeille s’assume en nous. Un véritable Beauty and the geeks, à regarder en VO, bien sûr (je n’ai pas essayé en VF et je n’ose pas), ça en vaut vraiment le coup. J’adore, je rigole toute seule à une réplique sur deux, et mine de rien, on nous apprend / rappelle l’effet Doppler, le chat de Schrödinger, le principe d’Archimède… (on n’en est pas à C’est pas sorcier mais c’est intéressant, quand même).

Au Etats-Unis, on en est déjà à trois saisons, avec confirmation d’une quatrième à venir: de bonnes heures de rigolade en perspective!

Impressions: True Blood

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Des innombrables livres, séries et films de vampires (dont j’ai lu/vu une grande partie), True Blood est la dernière série TV ayant retenu mon attention. Alors, une fois de plus, soyons honnêtes: en ce qui concerne les histoires de vampire, je ne suis PAS difficile (pour une fois). Cependant, j’ai lu et trouvé la “quadrilogie” The Vampire Diaries ennuyeuse à mourir, et pourtant tous les ingrédients y étaient: beaux gosses, histoire d’amour, vampires, magie, j’en passe et des meilleurs. J’espère que la série est plus intéressante (après avoir vu la bande-annonce, j’ai peur qu’elle soit banale et un peu niaise – mais je ne demande qu’à regarder pour changer d’avis).

J’ai donc tenté un épisode de True Blood lorsque j’ai vu que le série avait pas mal de succès en streaming – un critère qui généralement me fait opter pour telle ou telle série, rien que pour ma “culture générale”. J’ai été agréablement surprise, non par l’intrigue (qui, certes, nous fait pâmer sous le poids du suspense à chaque fin d’épisode mais n’est pas en soi d’une originalité fracassante: des meurtres, des vampires, des amours torturées, un vampire ténébreux, une humaine qui sort du lot, etc.) mais par l’ambiance.

L’histoire se déroule dans une toute petite ville de Louisiane, Bontemps, d’où l’ambiance “fin fond des Etats-Unis un peu beauf” et commérages en touts genres. Ça change de New York (How I Met Your Mother, New York Police Machin et un milliard d’autres séries), Los Angeles (idem) et autres grandes villes, ou même Miami (Nip/Tuck), même si l’on en retrouve entre autres l’aspect “crocodiles et marais pas trop loin en cas de cadavre à faire disparaître”. En ressort une atmosphère étrange et paradoxale. De même, les scénaristes ne sont pas tombés dans le piège du vampire scintillant typiquement manichéen (ce que je dois reprocher à Twilight, même si j’ai aimé) et confèrent à leurs héros des personnalités plus complexes, ce qui n’est pas sans rappeler Nip/Tuck.

Je conseille donc cette série, pour un moment de relaxation complètement non-intellectuelle (ou pas, car de nombreux sujets à polémique sont abordés en fin de compte) grâce à des héros assez attachants sans être banals, une ambiance sympathique et des rebonds de scénario à chaque épisode.

Pour le générique de début, c’est ici. Pour un aperçu de l’épisode pilote, c’est .

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